Interview

Rencontre avec Gurval Isambard

SquashLibre lance une nouvelle rubrique, et va à la rencontre des acteurs du squash français, des joueurs, pro ou amateurs, des bénévoles, des cadres fédéraux, des coachs... On commence avec Gurval Isambard, néo-vétéran, brestois, et passionné de la balle noire. Cette rubrique est aussi celle des lecteurs, n’hésitez pas à poser vos questions en réponse à l’article, nous ferons le maximum pour que l’interviewé y réponde.

- 1. A quel âge et dans quel(s) club(s) as-tu commencé le squash ? Qui sont les personnes que tu considères comme tes « formateurs » ?

J’ai eu ma première raquette à noël 1981. On habitait Flers dans l’Orne, en Normandie et mon père me faisait jouer 5 minutes à la fin de ses parties(j’avais 7 ans ....). J’ai réellement commencé dans une école de squash en arrivant à Brest en 1985 avec Yves Moineau. Nous étions 5 jeunes du même âge (Fred, Manu, Ronan et Yvan) et on s’est tiré la bourre pendant 5-6 ans sous la houlette de Yves et de Jean-Luc Kerandel. Ensuite les autres sont partis et je suis resté. Avec Yves. A qui je suis redevable de plusieurs centaines (milliers ?) d’heures passées sur le court à me pousser la balle et les fesses. Merci Yves.

- 2. Pourquoi le squash, et pas un autre sport, précisément ?

Parce que mon père s’est mis à jouer beaucoup plus au squash qu’au tennis à cette époque là. Sinon qui sait ?

- 3. Tu as pratiqué d’autres sports en compétition ? Si oui à quel niveau et pour quels résultats ?

Quand j’ai commencé le squash, je jouais aussi au foot. J’ai du pratiquer les 2 sports pendant 5 ou 6 ans et puis j’ai laissé tomber le foot. J’’étais goal et après un match où on avait pris une belle casquette, le coach a décidé que c’était de ma faute et que je ne participerais donc pas au prochain tournoi en salle (c’était le truc super amusant auquel tout le monde voulait participer ...). J’ai donc arrêté du jour au lendemain en pleine saison. Je me rappelle que les copains venaient me voir dans la cour de récréation au collège pour me dire de revenir, mais non le virus du squash m’avait atteint et je n’avais plus vraiment envie de passer mes samedis après-midi sous la pluie et dans le vent à attendre des ballons arriver à toute vitesse !

- 4. En moyenne, combien d’heures par semaine passes-tu sur les courts de squash tout au long d’une année ?

Aujourd’hui ou il y a quelques années ? ... Aujourd’hui 1 heure peut être, 2 dans les semaines de grand faste. Je profite de la présence de bon joueurs à Brest pour m’y remettre un peu (Bri, Jacques, Mick, Arthur et Mat). Les jeunes ont les dents longues mais ont aussi besoin de se prendre quelques roustes de temps en temps. Alors je sers à ça. C’est mon rôle de vieux singe, je leur apprend encore quelques petites grimaces ... Mais fut un temps (il y a une dizaine d’années), je m’entrainais entre 1 et 2 heures par jour et j’étais presque tous les week-end sur la route. Que la vie d’étudiant avait du bon ...

- 5. Quel est pour l’instant ton meilleur souvenir de joueur/euse de squash ? Une rencontre, un tournoi, un match en particulier ? Et en tant que spectateur/trice ?

En tant que joueur, les meilleurs moments sont des rencontres par équipes. Avec l’équipe de Brest à Pau avec Jean-Luc, Jean-Yves et Yves en 90, à Toulouse avec Doudou en 95, à Lille avec Romain, Bri, Mick et Choco, à Nantes où nous sommes reçus comme des rois. Et plein d’autres encore ... Mais aussi avec l’équipe de l’université de Swansea ou l’équipe universitaire du Pays de Galles. Des moments inoubliables que seule la compétition par équipes peut procurer. En tant que spectateur je me souviens avec une larme au coin de l’oeil du premier tournoi important que j’ai vu. Le Guy Laroche en 87 ou 88, j’y avais demandé un autographe à Liz Irving que j’ai gardé super longtemps. Sinon je suis allé faire un tour au British Open en 96 quand j’habitais au Pays de Galles, un grand souvenir. Julien Bonétat y avait atteint les demis contre Janhser.

- 6. De quel titre ou victoire es-tu le plus fier ?

Celui qui viendra ... On n"a jamais réussi à décrocher un titre avec l’équipe de Brest et c’est bien dommage. On n’est pas passé loin à 2 occasions. Mais ça va venir ... il faut être patient. Sur le plan indivduel, j’ai beaucoup aimé le titre de champion de France universitaire (même si c’était une année "creuse" ...) ou le tournoi d’été de Royan en 2002. Les soirées étaient bien arrosées mais bizarement le squash n’en pâtissait pas trop ...

- 7. Quels sont tes objectifs sportifs aujourd’hui, à court et plus long terme ?

M’amuser. Ne pas rater mon entrée chez les vétérans (mais il y a tellement de bons joueurs que le tournoi ressemblera un peu à une lotterie) et essayer de décrocher un truc en équipe avec les jeunots brestois. Je ne les supporte pas des week-end entiers pour ne rien avoir au bout !

De g. à dr. : Gurval, Ashley Tidman, Karine Isambard, Briag Isambard

- 8. Si tu avais une baguette magique qui te permette de mieux maîtriser un coup précis ou un autre domaine du jeu (tactique, mental, physique), que choisirais-tu d’améliorer ?

Je me rajouterais deux ou trois poumons (les miens sont plutôt attrophiés) et une bonne paire de jambe. Tout simplement.

- 9. Tous sports confondus, quels sportifs ou sportives admires-tu tout particulièrement ? Pour quelles raisons ?

Anna Kournikova, mais je ne sais pas trop pourquoi ...

- 10. Un message à quelqu’un en particulier, une « spéciale dédicace », une blague de toto, un coup de cœur, un coup de gueule, un truc freestyle pour le mot de la fin ?

Biz à ma maman, l’ours bleu, Kacha, un grand grrrhhh (contre le contre productivisme de la fédé et des structures du sport français), "La vie est belle et c’est tant mieux", Jean-Jacques Vannier.

QUESTIONS BONUS :

- 11. Quel a été ton meilleur classement précisément ? Et tes meilleurs perfs en compétition ?

Mon meilleur classement fut n°7 français. Et les meilleures perfs individuelles ne sont pas légions. Pas de chance pour ma pomme, y’avait du beau monde quand je me débattais avec tous ces cadors. Les Thierry Lincou, Julien Bonétat, Renan Lavigne, Stéphane Galifi, John Elstob, Sameer Khan, Jean-Michel Arcucci, Laurent Elriani, Christophe Montagnier monopolisaient les hautes sphères du classement français. On était un petit groupe qui se débattait pour ramasser les miettes avec Alex Muller, Christophe Labbit, Sandy Bell, Rodolphe Bigot, Julien Balbo, Romain Tenant, Yuri Del Tenno, Sohail Khan et d’autres que je dois oublier (pardon à eux). On se tirait la bourre dans ce deuxième groupe et parfois on arrivait à glaner une ou deux victoires contre un gars du groupe d’au-dessus. Lorsqu’on était sur notre petit nuage et qu’il avait un petit coup de moins bien. Voilà, rien de très glorieux.

- 12. A partir de quel âge as-tu "baissé le pied", et pour quelles raisons (si ce n’est pas indiscret) ? Aucun regret ?

En fait j’ai franchement baissé le pied lorsque je suis rentré dans la vie active. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, être instit laisse peut de temps pour s’entraîner et lorsque j’ai commencé je travaillais le samedi matin. Pas très pratique pour partir à l’autre bout de la France et batailler sur un court de squash ... Et puis les schtroumpfs sont arrivés et le temps a été encore plus compté. Y a mieux à faire avec une petite famille que de passer ses week-end dans un club de squash. J’avais aussi donné pendant 15 ans et couper du monde du squash n’a pas été un grand sacrifice. C’est un petit monde et on fini par toujours jouer contre les mêmes joueurs. Un peu de lassitude s’était installée ... Je pense que s’il n’y avait pas eu les copains du club pour jouer en équipe avec eux, j’aurais peut être complètement arrêté. Maintenant comme je l’ai dit à Bri, je prends un grand plaisir à reprendre le chemin du club pour aller croiser le fer contre les jeunes du club. Le plaisir est reviendu.

- 13. N’as-tu jamais pensé vivre de ce sport (compétition PSA, BE, etc) ?

J’ai touché du doigt cette vie trépidante. Seulement, avant d’en vivre, il faut se faire une petite place sur le circuit et là c’est une autre paire de manche si on n’est pas surdoué ou aidé financièrement. La licence PSA coûtait à mon époque 4 000 francs, auquel il fallait rajouter les billets d’avion ou de train, les hôtels, la nourriture sur place. Ce n’est pas les maigres gains ramassés sur les petits tournois auquel tu peux participer lorsque tu commences qui te permettent de payer tout ceci. Alors j’ai essayé un tournoi en Suisse, un autre au Danemark et puis c’est tout. Les petits tournois ne couraient pas les rues ou il fallait aller à l’autre bout de la planète ... J’ai laissé tombé et j’ai poursuivi mes études. Sans aucun remord. Parce quand tu rentres sur un court et que du résultat dépend la suite de ton mois, la donne n’est pas vraiment la même ... Quand au BE, je l’ai mais le squash n’est pas vraiment un sport où la demande de cours est forte. J’ai failli partir en Guyane mais ça ne s’est pas fait au dernier moment, je n’ai pas donné suite par peur de ne plus pouvoir jouer suffisamment à cause de l’éloignement. Et puis je tenais beaucoup à cette notion de plaisir sur le court. A l’idée que je pouvais ne pas aller m’entraîner ou entraîner les autres si je n’en avais pas vraiment envie. J’avais sans doute un peu peur de franchir le pas.

- 14. Avec le recul, qu’est-ce qui a fait la différence dans vos parcours respectifs entre un Renan Lavigne (ex top 20 mondial) par exemple et toi (vous avez à peu près le même age je pense) ?

Oui, on est de la même année avec Renan et on peut vraiment considérer qu’il a bien réussi. Je ne sais pas s’il existe une explication à ces parcours qui ne prennent pas la même direction. Je mettrais 2 choses en avant, mais ce n’est qu’une partie d’un tout que je ne saurais expliquer dans sa globalité. Tout d’abord Renan faisait partie des meilleurs dans les catégories jeunes, ce qui n’était pas mon cas. Il a donc été suivi par la fédé très rapidement et pas mal aidé pour se lancer sur le circuit à ses débuts. Ça permet de se consacrer au squash sans arrière pensée et c’est, je pense, un grand avantage. C’est le rôle d’une fédé d’aider les meilleurs jeunes, il aurait fallu que je sois plus performant à ce moment là. Mais là intervient la seconde explication. J’étais plutôt chétif physiquement chez les jeunes. Chétif et fragile. Sujet à l’asthme et à des bronchites asmathiforme à répétition. Et ça ne s’est pas vraiment amélioré quand j’ai grandi. Or le squash est un sport qui requiert quelques qualités physiques (à priori ...) dont je ne disposais manifestement pas. Toutes ses années d’entraînement m’ont permis d’obtenir les capacités physiques d’une personne sédentaire ! Merci le squash, j’aurais sinon été bien en mal de monter un bon escalier. Mais pour jouer au plus haut niveau, ce n’était pas suffisant. Loin s’en faut. Le physique a toujours été mon talon d’Achille. Et il n’y avait pas grand chose à y faire ... Mais ça ne m’a pas empêché de prendre un grand plaisir à jouer au squash et de rencontrer des personnes magnifiques. La vie est belle et c’est tant mieux !

Commentaires

14 Messages de forum

  1. 1. Rencontre avec Gurval Isambard

    la première légende sortie du club de brest, il y en aura d’autres..

    par Antoine P. | 18 mai 2009, 14:33
  2. 2. Rencontre avec Gurval Isambard

    sans oublier le frère Briag...

    par Antoine P. | 18 mai 2009, 14:35
  3. 3. Rencontre avec Gurval Isambard

    Merci Antoine, mais franchement on est très loin d’être des légendes. Juste des passionnés, doué pour Gur, plutot besogneux pour moi, et qui surtout ont eu la chance d’avoir un prof très chouette.

    par Briag | 18 mai 2009, 15:11
  4. 4. Rencontre avec Gurval Isambard

    Hey Gur !

    Je me rappel bien quand tu avais gagné le tournoi d’été a Royan. J’etais petit (13ans ?!) mais je me rappel que tu avais battu Laurent Elriani en final : lui portait son beau maillot de l’Équipe de France et toi un t-shirt "Fete de la Crepe !" Je me rappel j’avais dit a mon pere : "Il est trop fort lui ! Il joue avec sa tete et puis il est humble ! Ca c’est un puriste !" (Tous ca en Anglais bien sur ! lol)

    All the best mate, See you soon, Diggy

    P.S. Vive la vollée lob de Gurval Isambard ! lol

    par Diggy (Jonathan Barnes) | 18 mai 2009, 15:18
  5. 5. Rencontre avec Gurval Isambard

    Diggy tu parles de sa volée lob, moi j’ai subis pendant plusieurs années sa fameuse contre amortie croisée qui va certainement laisser quelques traces sur mon vieux corps !!!

    par nico Barbeau | 18 mai 2009, 15:45
  6. 6. Rencontre avec Gurval Isambard

    Nico, t’as pas compris que tous le monde te l’a fait celle-la ! C’est juste pour t’entendre faire ton cris d’ours bléssé a chaque fois que tu tente de faire une fente a l’avant ! Haha ! C’est vraiment trop drole ! All the best buddy ! Stay pure ! ;-D

    par Diggy | 18 mai 2009, 15:49
  7. 7. Rencontre avec Gurval Isambard

    Merci Gurval pour ces réponses ! Très sympa de jouer le jeu. Je suis assez "jeune" dans le squash et du coup j’apprécie ce genre de petit exercice permettant de mieux cerner l’"histoire personnelle" d’un joueur.

    D’autres questions pour Gurval (de la part du grand curieux que je suis !) : j’ai souvenir d’avoir entendu dire ou d’avoir lu plusieurs fois que, quand tu étais à ton top niveau tu étais aux portes de l’équipe de France, et que compte tenu de ton potentiel "brut" tu aurais pu monter plus haut encore.
    - Quel a été ton meilleur classement précisément ? Et tes meilleurs perfs en compétition ?
    - A partir de quel âge as-tu "baissé le pied", et pour quelles raisons (si ce n’est pas indiscret) ? Aucun regret ?
    - N’as-tu jamais pensé vivre de ce sport (compétition PSA, BE, etc) ?
    - Avec le recul, qu’est-ce qui a fait la différence dans vos parcours respectifs entre un Renan Lavigne (ex top 20 mondial) par exemple et toi (vous avez à peu près le même age je pense) ?

    Voilà pour Gurval !

    Vivement le prochain !

    par Joris | 18 mai 2009, 17:29
  8. 8. Rencontre avec Gurval Isambard

    1. Quel a été ton meilleur classement précisément ? Et tes meilleurs perfs en compétition ? Mon meilleur classement fut n°7 français. Et les meilleures perfs individuelles ne sont pas légions. Pas de chance pour ma pomme, y’avait du beau monde quand je me débattais avec tous ces cadors. Les Thierry Lincou, Julien Bonétat, Renan Lavigne, Stéphane Galifi, John Elstob, Sameer Khan, Jean-Michel Arcucci, Laurent Elriani, Christophe Montagnier monopolisaient les hautes sphères du classement français. On était un petit groupe qui se débattait pour ramasser les miettes avec Alex Muller, Christophe Labbit, Sandy Bell, Rodolphe Bigot, Julien Balbo, Romain Tenant, Yuri Del Tenno, Sohail Khan et d’autres que je dois oublier (pardon à eux). On se tirait la bourre dans ce deuxième groupe et parfois on arrivait à glaner une ou deux victoires contre un gars du groupe d’au-dessus. Lorsqu’on était sur notre petit nuage et qu’il avait un petit coup de moins bien. Voilà, rien de très glorieux.  

    A partir de quel âge as-tu "baissé le pied", et pour quelles raisons (si ce n’est pas indiscret) ? Aucun regret ? En fait j’ai franchement baissé le pied lorsque je suis rentré dans la vie active. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, être instit laisse peut de temps pour s’entraîner et lorsque j’ai commencé je travaillais le samedi matin. Pas très pratique pour partir à l’autre bout de la France et batailler sur un court de squash ... Et puis les schtroumpfs sont arrivés et le temps a été encore plus compté. Y a mieux à faire avec une petite famille que de passer ses week-end dans un club de squash. J’avais aussi donné pendant 15 ans et couper du monde du squash n’a pas été un grand sacrifice. C’est un petit monde et on fini par toujours jouer contre les mêmes joueurs. Un peu de lassitude s’était installée ... Je pense que s’il n’y avait pas eu les copains du club pour jouer en équipe avec eux, j’aurais peut être complètement arrêté. Maintenant comme je l’ai dit à Bri, je prends un grand plaisir à reprendre le chemin du club pour aller croiser le fer contre les jeunes du club. Le plaisir est reviendu.

    N’as-tu jamais pensé vivre de ce sport (compétition PSA, BE, etc) ? J’ai touché du doigt cette vie trépidante. Seulement, avant d’en vivre, il faut se faire une petite place sur le circuit et là c’est une autre paire de manche si on n’est pas surdoué ou aidé financièrement. La licence PSA coûtait à mon époque 4 000 francs, auquel il fallait rajouter les billets d’avion ou de train, les hôtels, la nourriture sur place. Ce n’est pas les maigres gains ramassés sur les petits tournois auquel tu peux participer lorsque tu commences qui te permettent de payer tout ceci. Alors j’ai essayé un tournoi en Suisse, un autre au Danemark et puis c’est tout. Les petits tournois ne couraient pas les rues ou il fallait aller à l’autre bout de la planète ... J’ai laissé tombé et j’ai poursuivi mes études. Sans aucun remord. Parce quand tu rentres sur un court et que du résultat dépend la suite de ton mois, la donne n’est pas vraiment la même ... Quand au BE, je l’ai mais le squash n’est pas vraiment un sport où la demande de cours est forte. J’ai failli partir en Guyane mais ça ne s’est pas fait au dernier moment, je n’ai pas donné suite par peur de ne plus pouvoir jouer suffisamment à cause de l’éloignement. Et puis je tenais beaucoup à cette notion de plaisir sur le court. A l’idée que je pouvais ne pas aller m’entraîner ou entraîner les autres si je n’en avais pas vraiment envie. J’avais sans doute un peu peur de franchir le pas.

      Avec le recul, qu’est-ce qui a fait la différence dans vos parcours respectifs entre un Renan Lavigne (ex top 20 mondial) par exemple et toi (vous avez à peu près le même age je pense) ? Oui, on est de la même année avec Renan et on peut vraiment considérer qu’il a bien réussi. Je ne sais pas s’il existe une explication à ces parcours qui ne prennent pas la même direction. Je mettrais 2 choses en avant, mais ce n’est qu’une partie d’un tout que je ne saurais expliquer dans sa globalité. Tout d’abord Renan faisait partie des meilleurs dans les catégories jeunes, ce qui n’était pas mon cas. Il a donc été suivi par la fédé très rapidement et pas mal aidé pour se lancer sur le circuit à ses débuts. Ça permet de se consacrer au squash sans arrière pensée et c’est, je pense, un grand avantage. C’est le rôle d’une fédé d’aider les meilleurs jeunes, il aurait fallu que je sois plus performant à ce moment là. Mais là intervient la seconde explication. J’étais plutôt chétif physiquement chez les jeunes. Chétif et fragile. Sujet à l’asthme et à des bronchites asmathiforme à répétition. Et ça ne s’est pas vraiment amélioré quand j’ai grandi. Or le squash est un sport qui requiert quelques qualités physiques (à priori ...) dont je ne disposais manifestement pas. Toutes ses années d’entraînement m’ont permis d’obtenir les capacités physiques d’une personne sédentaire ! Merci le squash, j’aurais sinon été bien en mal de monter un bon escalier. Mais pour jouer au plus haut niveau, ce n’était pas suffisant. Loin s’en faut. Le physique a toujours été mon talon d’Achille. Et il n’y avait pas grand chose à y faire ... Mais ça ne m’a pas empêché de prendre un grand plaisir à jouer au squash et de rencontrer des personnes magnifiques. La vie est belle et c’est tant mieux !

    par Gur | 19 mai 2009, 00:20
  9. 9. Rencontre avec Gurval Isambard

    Mince c’est trop bête de faire si court sur Gur..et de mon tres humble opinion notre sport a bizarrement et malheureusement la malchance que son caractère si pauvre engendre l’ascension méritée ou non que ce soit au niveau sportif ou dirigeant de nombre de tocards, et la perte quelque part de ce que beaucoup de personnes en or auraient pu apporter à la "communauté"..Et selon moi et de ce que j’ai pu avoir la chance de côtoyer quelques très heureuses fois Gurval, c’est tout ce que m’inspire ce grand monsieur, qui comme tu dis Diggy est sacrément humble, humble et avec un jeu mes amis à couper..le souffle et les jambes surtout !!

    Pour l’avoir vu à l’oeuvre, avoir eu l’honneur de le rencontrer sur et en dehors du court, je crois que peu très peu de joueurs peuvent se vanter de posséder la finesse et l’intelligence de Gur, alors ne parlons même pas de l’humanité ;-)

    Voilà :-) peace out et super idée de rubrique !

    | 19 mai 2009, 01:01
  10. 10. Rencontre avec Gurval Isambard

    Encore merci Gurval. Tip top.

    par Joris | 19 mai 2009, 09:18
  11. 11. Rencontre avec Gurval Isambard

    Non, briag, il y en a marre d’être modéré dans ses propos, votre club est une ( la seule ?) des structures à avoir monté une puissance de joueurs aussi impressionante !

    Alors bravo à Mr Moineau et bravo aux joueurs brestois.

    Que la route continue...

    Antoine

    par Antoine P. | 19 mai 2009, 11:30
  12. 12. Rencontre avec Gurval Isambard

    Le club de Brest c’est tout simplement 6 joueurs et joueuses 1ère série (auxquelles je rajouterais Sarah qui est sous-classée) ce trimestre (classement provisoire, encore un, du 19 mai) dont 4 formés au club ! Il y a derrière des joueurs qui sont moins bien classés mais qui font partie des très bons 2èmes séries (Briag, Benjamin, etc.). On peut aussi parler de ceux qui sont passés par le club, qui n’y sont plus pour diverses raisons (notamment professionnelles et géographiques).

    D’autres clubs ont plus de licenciés (par des mécanismes assez simples) mais sont loin d’avoir cette densité dans la qualité des joueurs (qu’ils essaient d’acheter, mais ils se cassent la figure assez vite : cf. les différents forfaits en N1 depuis longtemps assez exacerbés cette année). D’autres font aussi du travail mais par manque de disponibilité ou de compétence (parfois les deux), ne peuvent accéder à la même réussite. Pour certains, le travail n’en est qu’au début et il faut du temps pour former des joueurs de qualité !

    Il est difficile de reproduire un fonctionnement similaire à celui de Brest car il tient à l’investissement d’Yves (Moineau) et au fait qu’il passe des heures et des heures sur le court pour s’occuper des jeunes depuis plus de 25 ans et cela sans aide particulière...essentiellement avec son envie d’apprendre et de se former ! Il a pris le temps d’aller passer les BE 1 et 2 sans réclamer de passe-droit, qu’on ne lui aurait pas accordé d’ailleurs mais pas pour des problèmes d’éthiques. Il s’est investi sur l’arbitrage pour aussi pouvoir observer le haut-niveau et l’exploiter dans son quotidien d’enseignant.

    C’est une personne atypique, d’une grande culture (faire un déplacement avec lui est un régal), il ne laisse pas indifférent car il ne mâche pas ses mots. En tout cas, s’il travaillait uniquement par intérêt, il n’y aurait plus de club à Brest depuis très longtemps ! Un certain nombre de jeunes et moins jeunes lui doivent, au pire, de la reconnaissance (Gurval, mais pas seulement, ne le sait que trop). Beaucoup de parents apprécieraient d’avoir un éducateur aussi dévoué qu’Yves pour s’occuper de leurs enfants !

    par Pierre-André Loaëc | 20 mai 2009, 10:25
  13. 13. Rencontre avec Gurval Isambard

    Je suis d’accord avec tout ce qui est dit, je ne connais pas ce monsieur Yves mais je l’ai déjà vu et il dégage un charisme impressionant ! quand on voit le travail accomplie... !

    CF le classement : Isambard G, Moineau Arthur, Favennec Matthieu tous les 3 premières séries avec deux jeunes loups..

    Bonne continuation

    par Fredoc | 20 mai 2009, 10:36
  14. 14. Rencontre avec Gurval Isambard

    Joli portrait, félicitation pour ton titre car ce n"était vraiment pas évident.JC Périé

    | 24 mai 2009, 19:32

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