Technique / Arbitrage

REFLEXIONS à l’intention des ARBITRES par Albert Medina

1- Les REGLES et les GUIDES permettant leurs INTERPRETATIONS RULES and GUIDELINES on RULES INTERPRETATIONS 2- La PHILOSOPHIE de la GENE en SQUASH 3- Le DOUTE et les GESTES des JOUEURS

1- Les Règles.- Préambule : pourquoi ce double titre (franco-britannique) ? pas pour donner un caractère plus universel à cette fiche, non, simplement pour stigmatiser le fait que les « guides » figurant dans notre réglementation sont la traduction des « guidelines » de la WSF et non un ajout franco-français. Ils sont donc officiels. Note : nous parlons bien entendu du rôle de l’arbitre et non de celui du marqueur (même si, dans la majorité des cas, une seule personne détient ces 2 rôles).

Ce sont ces interprétations qui permettent réellement à un arbitre de pouvoir officier une partie « au plus juste ». En effet arbitrer en se référant qu’aux règles, c’est-à-dire en voulant « caser » une situation ponctuelle dans un point X de la règle Y, page Z, est un « non-sens » et ne peut conduire qu’à des illogismes très fréquemment observés.

« J’ai un clou à planter – je vais me servir de l’outil le plus approprié…un marteau – mais mon outil en main, c’est moi qui vais devoir choisir, la force de ma frappe, le nombre de coups à donner, en fonction des qualités du clou (longueur, grosseur etc..), de la qualité du matériau dans lequel je dois enfoncer ce clou, etc.. » L’outil de l’arbitre…….les règles, mais d’autres éléments devront être pris en compte afin d’affiner sa décision (en fonction des cas) : - la qualité de la balle (hauteur, largeur, vitesse etc..) - la qualité ponctuelle de chacun des joueurs (technique, physique etc..) - « l’historique » de la partie (à quel moment sommes nous dans la partie ? – que s’est-il passé auparavant ?) - etc…

« C’était mon tour de jouer et mon adversaire m’empêche d’aller jouer la balle. Je demande un Let, pensant avoir un Stroke et l’arbitre donne Let. Qu’en penses –tu ? » Combien de fois un joueur demande à un ami arbitre, la décision que ce dernier aurait donné à la place de l’arbitre de la partie ? Si les comptoirs des bars des clubs de Squash pouvaient parler !!!!!!! Pourtant, du fait des raisons évoquées ci-dessus, aucune réponse …correcte, ne peut être formulée car il est impossible sans avoir assisté à la rencontre, de donner une décision valable.

Lors d’une formation d’arbitres, un test est effectué : le formateur décrit une situation se terminant par une demande de Let et les stagiaires doivent l’élucider en donnant leur décision. Toujours…oui toujours, ces décisions sont différentes les unes des autres. Ce n’est pas leur compétence, a priori, qui doit être mise en cause mais le fait que, chacun d’eux, a imaginé « SA » propre situation en fonction de l’énoncé du formateur et du coup, nous nous retrouvons avec autant de situations que de stagiaires. Même la vidéo n’est pas réellement fiable.

Tant que le Squash restera le Squash, il sera impossible, contrairement à d’autres sports, de remplacer l’arbitre par un robot quelque soit le degré de perfectionnement de ce dernier. L’expérience, permettant l’adaptation des arbitres aux diverses situations auxquelles ils sont confrontés, alliée à une bonne dose de psychologie, resteront leurs « atouts maîtres ».

2- La Gêne.- Des règles, théoriquement bien précises, édictent les devoirs des 2 joueurs pendant leur partie :
- celles s’appliquant au joueur venant de frapper la balle et qui peuvent se résumer en 3 principaux devoirs : laisser à l’adversaire l’accès directe à la zone de frappe depuis sa position initiale, lui laisser la liberté d’effectuer un geste de frappe normalisé et ne pas empêcher sa frappe vers le mur frontal en l’occultant, tout ou en partie, avec son corps.
- et celles obligeant le joueur, dont c’est le tour de frapper la balle, de faire son possible pour aller et jouer la balle (sans tomber dans le jeu dangereux), ou tout au moins, en cas de demande de Let, de démontrer, auparavant, qu’il pouvait, sans la gêne, atteindre la balle. Pourtant, le savoir théorique de ces règles n’est pas suffisant à la pratique de l’arbitrage. La lecture « entre les lignes » de ce chapitre règlementaire fait surgir des points essentiels qui rendront plus confortable le rôle d’arbitre. a- devoir : ce nom, ou ce verbe, indique l’obligation, aucune alternative est permise. b- l’effort maximum pour ne pas gêner : cela veut dire, d’une façon nette et précise, que si un joueur ne fait pas le maximum pour ne pas gêner, quelque soit le pourcentage de l’effort réel effectué, il a VOLONTAIREMENT gêné . Attention nous parlons bien de l’effort effectué et non des conséquences de cet effort, car nous savons que même un « effort maximum » peut entraîner une gêne.

Enfin, l’arbitre aura à :
- déterminer si une gêne s’est produite ou pas.
- estimer son degré de nuisance sur le jeu de l’adversaire
- évaluer l’effort maximum effectué afin d’éviter cette gêne.

3- Le Doute.- Tout d’abord définir « le doute » ou plus exactement les différents doutes qui peuvent survenir lors de l’arbitrage d’une partie. Dans le rôle d’arbitre (décision à donner sur une demande de Let).- Pour des raisons, de distraction, de manque de visibilité etc.., un des éléments cités dans le précédent chapitre peut manquer à l’arbitre. De ce fait il ne pourra « donner la décision qui aurait dû s’imposer » : l’arbitre annoncera « JOUEZ un LET ». De plus, sur une demande d’explication de la part du joueur, il exprimera son doute, par exemple : « J’ai un doute sur la balle – Jouez un Let SVP » Il va sans dire que ce genre de situation doit rester exceptionnelle. En effet, la décision « Jouez un Let » est une des 3 réponses fondamentales émises par l’arbitre. Cette décision à le sens suivant (sur la demande de Let) : « Messieurs (Mesdames) l’analyse de la situation qui vient de se dérouler, me permet de penser qu’il y a eu une gêne non volontaire et que celle-ci à seulement empêcher un bon renvoi. Nous allons donc occulter cet échange et le rejouer en conservant le score et le service initiaux. » De nombreux « Lets » décidés pour cause de doute peuvent réduire à néant la confiance entre joueurs et officiels, confiance si importante à maintenir et à renforcer tout le long de la partie.

Dans le rôle de marqueur (doute sur une faute visuelle pendant le jeu : doublé, down, out etc..).- L’arbitre restera muet mais conservera son doute dans un coin de mémoire pendant la durée de l’échange , en effet que peut il se passer ? Le joueur qui n’aura pas effectué cette balle « douteuse » pourra : - soit arrêter de jouer et demander un Let. - soit attendre la fin de l’échange et demander un Let. Dans les deux cas l’arbitre fera remettre l’échange « J’ai un doute sur la balle, Jouez un Let ». Note : dans le premier cas le joueur prend le risque de se voir répondre par l’arbitre n’ayant pas de doute « No Let, la balle était bonne ».

Attention, l’arbitre doit bien identifier la balle en question. Exemple de dialogue : (en début d’échange, l’arbitre pense qu’une balle a, peut-être, doublé ??? – l’échange dure 1 minute…c’est long !!! – à la fin de l’échange le joueur ayant perdu l’échange, fait appel)
- le joueur : je fais appel SVP.
- l’arbitre : pour quelle raison ?
- le joueur : la balle de mon adversaire avait doublé.
- l’arbitre : de quelle balle parlez-vous ?
- le joueur : en début d’échange, devant à droite.
- l’arbitre : j’ai un doute sur cette balle. Jouez un Let. Cela peut paraître long mais ce dialogue ne dure que quelques secondes.

Par contre, le fait pour un joueur d’avoir vu (ou penser avoir vu) une faute de son adversaire non annoncée par l’arbitre, ne doit pas l’inciter, durant l’échange, à effectuer des gestes, intempestifs ou fréquents, visant à « éveiller l’attention de l’arbitre » mais risquant surtout de gêner son adversaire. En effet, sur demande de Let de son adversaire, un joueur agissant ainsi risquerait de ce voir sanctionner pour gêne volontaire (voir le chapitre 2 ci-dessus), dans le cas où l’arbitre, lui, n’aurait aucun doute sur la validité de la balle.