Article écrit par Mark Allen
Très souvent quand je regarde des matchs en compétition, je vois des amis et des parents enthousiastes se précipiter sur les joueurs entre les jeux, en leur délivrant leur propre interprétation du jeu précédent et donnant des conseils sur la façon dont le joueur devrait aborder le jeu suivant.
Même si le soutien est un élément positif, il faut bien comprendre que moins les conseils donnés entre les jeux sont simples et concis, moins ils seront utiles à votre joueur au final, et dans la plupart des cas cela peut même constituer un obstacle à sa performance plutôt que de l’améliorer. Plusieurs personnes parlant autour du joueur a pour effet de produire une quantité trop importante de conseils donnés et le résultat final de cela est que rien ne va changer par la suite.
Plus d’une voix à la fois, empêche le joueur de porter attention à celle qui lui délivre les points importants (si d’autres personnes souhaitent le soutenir dans le même temps, elles peuvent lui apporter de l’eau, lui tendre une serviette mais il serait préférable qu’elles s’abstiennent de parler et de perturber les informations fondamentales que vous essayez de lui communiquer).
Voici mes recommandations pour celles et ceux qui sont amenés à coacher quelqu’un entre les jeux :
Partie 1 – Préparer le joueur à recevoir l’information (durée de 15 à 30 secondes)
1 – retirez-vous avec le joueur dans un lieu débarrassé de toute perturbation
2 – laissez-le boire son eau puis quand il a terminé …
3 – faites-le asseoir et créez un contact en vous regardant les yeux dans les yeux
4 – laissez-le parler d’abord s’il semble avoir besoin de dire quelque chose
Partie 2 – Donner les conseils (durée de 30 à 60 secondes)
1 – gérez ses besoins émotionnels
2 – donnez-lui vos conseils tactiques
3 – utilisez des formulations positives (tu dois …) plutôt que négatives (tu ne dois pas …)
4 – ne donnez pas de conseils techniques quels qu’ils soient
5 – répétez-lui le même message simple plusieurs fois
Partie 3 – Préparer le joueur à reprendre le jeu (durée de 15 à 30 secondes)
1 – faites-le boire une seconde fois
2 – demandez-lui de vous répéter à nouveau les conseils donnés
3 – transmettez-lui un dernier mot d’encouragement avant qu’il ne retourne sur le court
Notre mémoire instantanée ou « à court terme » ne fonctionne que 20 à 30 secondes, surtout lorsque l’on se trouve en exercice physique intense. Pour les conseils devant être utilisés au-delà des quelques premiers échanges, nous devons faire en sorte que le joueur les emmagasine dans sa mémoire « à long terme ». Dans les moments de stress intense (et dans les entre jeux c’est tout à fait cela), le cerveau est capable de transférer uniquement une ou deux informations vers la mémoire « à long terme ». La réussite d’un bon coaching de votre joueur réside dans la sélection du conseil le plus important ou (au maximum) des deux, et dans le fait de s’assurer qu’il l’a bien emmagasiné.
La partie cruciale des 90 secondes est celle située à mi-parcours, que j’ai appelé « donner des conseils » et sur laquelle je voudrais revenir plus en détail :
Point 1 – Gérez ses besoins émotionnels
Selon moi, c’est ce qui est primordial pour la performance. C’est donc un avantage considérable de connaître et comprendre la personnalité et le caractère de la personne que vous coachez. Idéalement dans une équipe, nous devrions coacher le coéquipier avec qui nous avons la relation la plus affirmée et essayer de s’en tenir à cette même personne tout au long de la saison. Votre capacité à établir et à produire une différence dans son jeu va s’améliorer au fur et à mesure que vous apprendrez comment il réagit aux conseils que vous lui donnez. S’il est trop remonté ou énervé à propos d’une décision d’arbitrage vers la fin du jeu, il aura besoin d’être calmé. S’il est négatif, vous devrez essayer tout d’abord de lui faire retrouver un état d’esprit positif, et s’il est fatigué, rappelez-lui que son adversaire a aussi beaucoup couru. S’il n’essaye pas, alors il est temps de lui donner un bon coup de pied aux fesses ! Rappelez-vous ceci, on doit tout faire en gardant le contrôle de ses émotions.
Point 2 – Donnez-lui vos conseils tactiques
Vous aurez de plus grandes chances d’aider votre joueur si vous vous en tenez à concentrer son attention vers un plan de jeu et une sélection de coups spéciaux. « Frappe fort et croise bas sur son revers », « prends ton temps et concentre-toi à faire de bons services », sont des exemples de conseils utiles qui ont des chances d’améliorer sa performance.
Point 3 – Utilisez des formulations positives plutôt que négatives
Aussi souvent que possible, trouvez un moyen de présenter vos conseils sous la forme de ce que votre joueur devrait faire plutôt que de ce qu’il ne devrait pas faire. Par exemple, si votre coéquipier fait trop de double-murs du fond de court et qu’ensuite il se fait assassiner devant, « joue le long du mur et au fond quand tu es derrière ton adversaire » est un meilleur conseil que « quoi que tu fasses arrête les double-murs ». Dire à quelqu’un « sois patient, fais durer les échanges et essaie de maintenir la balle en jeu le plus longtemps possible » est mieux que « arrête de faire des fautes ».
Point 4 – Ne donnez pas de conseils techniques
Les conseils techniques entre les jeux sont à éviter. Tout au long de ces années j’ai entendu parler de coachs frustrés, essayant d’apprendre à leur élève comment faire une amortie entre les jeux. S’ils ne savent pas le faire ils ne vont pas l’apprendre en 90 secondes ! Tous les conseils à propos de la prise, du swing ou du déplacement doivent être évités, cela ne marchera pas.
Point 5 – Répétez-lui le même message simple plusieurs fois
Rappelez-vous que le message que vous essayez de faire passer a besoin d’être répété, donc n’hésitez-pas à dire la même chose de la même manière, plusieurs fois d’affilée durant la courte pause dont vous disposez. Un message simple répété plusieurs fois a une grande chance d’être mémorisé.
Conclusion
Dans les dernières secondes restantes avant que le joueur ne me quitte pour rejoindre le court, j’aime bien m’assurer que les conseils ont bien été reçus et compris. Je demande alors à mon joueur de me répéter ce que je lui ai dit. Je conclus mon coaching en lançant quelques encouragements positifs juste avant qu’il ne retourne sur le court comme « ne lâche rien, continue », « ce jeu est pour toi Dan »
Bonne chance
Mark Allen

Super article ! C’est tout a fait en accord avec les conseils des préparateurs mentaux...
Super enrichissant !
Plein de bons conseils ... merci de la qualité de l’article.
putain je suis trop d’accord avec chloé mon préparateur mental a les même paroles, surtout quand tu joues un top 15 au fif !
merci à Enora pour la traduction !
Good translate !
assez basiques les conseils...
le top : c’est d’avoir un coatch qui connait sur le bout des ongles son poulain et ses adversaires.
super didacticiel !! simple et clair, j’espere que cet article va etre beaucoup lu !! ;))
Derien Nico mais comment tu sais que c’est moi qui l’ai traduit ?
Et ouais tu fais bien de me remercier parce que j’apprécie pas trop que tu aies battu mon père le week-end dernier ! Nan je rigole ;)
Salut nono ! ouai je sais que c’est toi je l’ai vu sur le site de l’hermine !Pour ton père ça s’est joué à pas grand chose :d ! heureusement j’ai rentré de bons shot à la Shabana hihihi
Gros bisou enora et vive le squash hihi !
Ah ouais t’as fait la fouine ! Nan c’est bien faut venir visiter le site de ce super club breton ;) Ouais c’est ce que mon pere m’a dit aussi, c’est simple le squash y a juste à rentrer des shots. On se voit peut etre au Mans le week-end prochain ! Bisous