Par Rod Symington, Membre du Comité d’Arbitrage de la Fédération Mondiale de Squash.
Le problème de la distraction m’est soumis de façon récurrente, et il semble déconcerter un grand nombre de joueurs. Voyez, par exemple, cet e-mail que j’ai reçu récemment :
Si un joueur pense que l’arbitre a laissé passer une faute, il est souvent tenté de lever la main pour remettre en cause ce jugement. Qu’il fasse un mouvement de bras, ou qu’il cherche à plaider sa cause tout en continuant à jouer, cela peut distraire son adversaire. L’autre jour, j’ai arbitré un match, et un joueur a fait un geste parce qu’il pensait que son adversaire avait fait une faute au service. Ma question est : a-t-on le droit de lever la main ? Dans ce cas, l’adversaire peut-il dire qu’il y a eu distraction ? Et que faire si un joueur parle pour contester une décision, tout en continuant de jouer ?
Selon les textes, il est interdit aux joueurs d’émettre le moindre son ou de faire le moindre signe pendant un match. Un son peut être facilement interprété comme une demande de let. Or, puisque le règlement officiel stipule qu’en cas de demande de let le jeu doit s’interrompre (règle n°11), l’adversaire est en droit de s’arrêter de jouer. Mais dans ce cas, si le joueur qui a émis un son continue de jouer (s’il prépare sa raquette et frappe la balle par exemple), cela peut être dangereux, puisque son adversaire est désormais immobile. (Ca me fait penser que ces joueurs de tennis qui passent leur temps à grogner ne survivraient pas une seconde sur un court de squash !)
C’est vrai qu’un geste inutile peut distraire l’adversaire. Cependant, il existe désormais une règle implicite qui dit que lorsqu’un joueur a l’impression que l’arbitre a laissé passer une faute (que la balle a touché le tin ou qu’elle était sortie par exemple), il peut lever le bras, comme pour signaler : « Pour moi, cette balle était faute. Je continue de jouer, mais je ferai appel de cette décision à la fin de cet échange si je le perds. Ne l’oubliez pas monsieur l’arbitre, SVP ! » La plupart du temps, l’adversaire n’est pas dérangé outre mesure par ce geste et continue de jouer. Le joueur insatisfait fait souvent ce signe au moment où il s’avance vers la balle pour frapper, il y a donc peu de chance que son adversaire soit distrait par son geste, puisque ce n’est pas à son tour de jouer. Mais, puisque les règles prévoient que l’adversaire a le droit de demander un let pour distraction, si celui-ci s’est effectivement senti gêné et qu’il a choisi de s’arrêter pour demander le let, il sera dans son bon droit.
C’est d’autant plus vrai dans certains cas où un joueur a cru voir une faute, l’a signalée, mais que l’arbitre n’a pas choisi pour autant d’interrompre le jeu immédiatement. S’il continue désespérément à remuer les bras pour attirer l’attention de l’arbitre, comme pour lui dire « Eh, dis donc ! C’est quoi ton problème ? T’es aveugle, t’es muet, ou quoi ? », il s’agit d’un cas de distraction manifeste. L’adversaire peut alors s’arrêter de jouer et demander le let.
Que doit faire un arbitre dans ce cas de figure ? Tout d’abord, il doit accorder le let, puis avertir le joueur un peu trop remuant que de tels gestes constituent un cas délibéré de distraction, et s’opposent ainsi au règlement. Si le joueur ne se plie pas à cet avertissement « amical », à la prochaine infraction, il convient de le pénaliser par un stroke pour mauvais comportement.
De toute façon, faire un geste durant un match est inutile si l’arbitre est compétent et bien attentif. Le règlement permet à tout joueur de discuter une décision arbitrale à la fin d’un échange, et un arbitre qui a regardé tout l’échange avec attention n’a aucun mal à se rappeler un coup douteux, ou un peu trop près de la ligne. On entend souvent des joueurs demander à la fin d’un échange : « Est-ce que la récupération de mon adversaire face au mur frontal était valable ? », ou encore « Cette balle près de la ligne, elle était bonne ? »
Donc, dans l’intérêt du fair-play, gardez une main sur votre raquette et l’autre dans votre poche !

Je suis désolé Nico, Yves, Briag, P.A. etc... mais ces articles de Rod S. sont mal libellés. Ou les dires de Rod sont farfelues ou la traduction n’est pas affinée. Nous sommes des hommes de terrain donc c’est ainsi que je vais répondre. Une faute ou une possible faute se produit pendant un échange (faute au service, doublé, down etc..) les possibilités sont les suivantes : 1- L’arbitre (ou le marqueur) est persuadé que la balle est faute et il l’annonce ( le jeu est stoppé) 2- l’arbitre est persuadé que la balle est bonne, et quoiqu’il arrive il n’y aura pas de Let en cas d’arrêt du joueur. Ce dernier peut, en plus, se voir sanctionner si ces gestes intempestifs gênent son adversaire. 3- l’arbitre a un doute et dans ce cas "il ferme sa g......" et attend l’appel du joueur, soit immédiatement , soit à la fin de l’échange. Si aucun appel est effectué, l’échange est entériné. Si un appel est effectué, il fera joué un Let " effectivement j’ai un doute. Jouez un Let". Des gestes de la part d’un joueur sont inutiles.....normalement, car ce ne sont pas ces gestes qui doivent mettre le doute dans les pensées de l’arbitre. Bien à Vous
Cher Albert,
Je ne suis pas administrateur de Squashlibre, même si j’y interviens régulièrement, seulement à titre personnel. Je n’ai donc aucune responsabilité quant aux articles qui passent.
C’était juste pour préciser.
Au plaisir,
Pierre-André
Etrange , on m’a posé la question au club ce soir sur ce cas d’arbitrage.
J’ai tout bon : merci Albert .
Petite precision : la question est : Si un joueur fait un geste pour signaler un doute sur une balle, l’adversaire (donc celui qui ne fait pas le geste) peut-il demander Let pour distraction ? Donc rien a voir si la balle est faute ou pas. C’est comme lorqu’un joueur fait tomber sa raquette et que son adversaire demander let pour distraction
Si un joueur fait un geste pour signaler un doute sur une balle, l’adversaire peut-il demander Let pour distraction ?
OUI
C’est comme lorqu’un joueur fait tomber sa raquette et que son adversaire demande let pour distraction
Là y’a pas photo : si ton adversaire fait tomber sa raquette t’as intérêt a jouer la balle aussitôt pour gagner le point !!!
Mon très cher Albert,
Je n’ai aucun lien avec ce site polémique ni avec ses administrateurs ! J’y interviens tout les 2 mois et d’ailleurs je m’inscris en faux sur la plupart des articles !!!
C’est juste pour rigoler. Merci pour ton message éclairé.
Nico
Salut Nico,
Je n’ai aucun lien avec toi (vade retro satanas !), surtout depuis que tu vas arbitrer dans des pays peu recommandables ! Demande une subvention à la fédé, tu devrais l’obtenir, Fontaine et Biggio rêveraient que tu n’en reviennes pas !
Ça va se régler ce week-end, si tu viens à Brest, si tu l’oses ! Devant une bière ou sur le court, ou les deux (j’aurai plus de chance devant la bière) ! Tu ramènes un rat !
Je serais bien évidement à Brest ce week-end !!!
Je sens que l’on va passer un bon moment...surtout en dehors du court devant une bonne bière !
Nicolas,
je ne faisais que repondre a Albert !!... ;)
Il existe bien souvent un fossé entre les déclarations des arbitres mondiaux ou certains internationaux et leur comportement réel pendant le match. D’ailleurs à mon avis Rod Symington n’arbitre plus tellement. Sur le terrain il y a la règle mais également un ensemble de comportements admis, la "coutume" en quelque sorte, dont le fait de signaler qu’une balle est douteuse fait partie. L’arbitre n’est pas suffisamment certain pour stopper l’échange mais cette incertitude vaut dans les deux sens et il peut parfaitement accepter l’appel sur la balle à la fin de l’échange. Affirmer de façon péremptoire qu’une balle est bonne alors qu’on n’en sait rien est le meilleur moyen de se décrédibiliser aux yeux des joueurs. L’auteur d’une balle faute, au service notamment, sait en général que sa balle est faute, et si l’arbitre affirme alors qu’elle est bonne il passe tout bonnement pour un imbécile, à juste titre à mon avis. Pour terminer je signale que la règle autorise à signaler que vous ferez appel de la balle contestée à la fin de l’échange mais que vous devez accepter de jouer l’échange jusqu’à sa conclusion. Evidemment, si vous le remportez, vous ne ferez pas appel et l’histoire en restera là. Une forme de règle de l’avantage en quelque sorte.