Jaymie Haycocks Né le 12 Novembre 1983 à Shrewsbury dans le Shropshire en Angleterre. Habite à Birmingham où il s’entraine avec Keir Worth.
Squashlibre : Quand et comment as tu commencé le squash ?
Jaymie : J’ai commencé à jouer vers 4 ans, en fait, je m’amusais à frapper la balle contre les murs de la maison, et les fenêtres aussi ! J’ai commencé réellement vers 5-6 ans au club local avec ma mère et mon frère. J’adulais mon frère qui jouait et ma mère m’a aussi beaucoup influencé dans cette voie. J’ai adoré le squash dès les premiers instants, je me souviens avoir été au comble du bonheur quand mon frère m’a fait ma première raquette en coupant le manche d’une raquette en bois !
Squashlibre : Tu as pratiqué d’autres sports aussi ?
Jaymie : Je jouais beaucoup au foot quand j’étais plus jeune, j’ai aussi fait du tennis et du hockey sur gazon en loisirs. Mais je me suis toujours concentré sur le squash !
SL : Peux tu nous résumer ta carrière "amateur" ?
JH : Avant de m’inscrire en PSA, ma plus grosse réussite a été de représenter l’Angleterre en moins de 19 ans. J’ai été numéro 3 Anglais en -17 et -19. J’ai aussi été demi-fianliste du Championnat Universitaire d’Angleterre en 2005. J’ai gagné pas mal de tournois juniors en Angleterre. Et puis , lors des dernières saisons, j’ai fait quelques beaux résultats, comme battre des joueurs du top 100 ou gagner l’open de Biarritz. (NDLR : en 2005 contre Thibaut Gouti).

- Jonny Harford & Jaymie Haycocks
SL : Quel a été ton cursus scolaire ?
JH : J’ai terminé le lycée en 2002 et j’ai pris une année pour jouer et donner des cours en Hollande. Après, je me suis inscrit à l’université de Birmingham, que j’ai quittée en 2006. J’ai étudié le sport, l’éductaion physique et les sciences sociales. Le squash à l’Université de Birmingham, c’est super, c’est la seule Université qui a un entraineur à plein temps et elle attire les meilleurs joueurs, ce qui veut dire qu’il y a toujours du monde pour jouer. L’université a aussi un accord avec le club d’ Edbaston Priory , qui est un club fabuleux comptant de nombreuses équipes en régionale et nationale.
SL : Comment as-tu pris la décision de devenir joueur professionnel ?
JH : J’ai toujours voulu devenir pro, mais je savais que l’université était importante et que je n’étais pas assez bon pour évoluer en PSA quand j’avais 18 ans. Je pense avoir progressé assez bien à l’université, bien que le fait d’étudier et de faire pas mal la fête veuille aussi dire que de temps en temps,l’entraineemnt n’était pas aussi pro qu’il aurait dû. Je n’ai pratiquement pas joué pendant ma première année et il y a eu de longues périodes pendant mes deux dernières années où je n’ai pas pu jouer non plus à cause de blessures, des études ou de ma vie sociale ! J’ai décidé de me lancer en PSA pendant ma troisième année mais je fus blessé de février à juillet l’année dernière, alors ma préparation n’a pas été géniale.
SL : Quel fut le plus grand changement dans ta vie depuis que tu es sur le circuit ?
JH : Le plus grand changement depuis que je joue professionnellement est la quantité et la qualité de mes entrainements. Ca a beaucoup augmenté cette année. Le nombre de voyages aussi,tant en voiture qu’en avion !
SL : Que préfères-tu dans la vie en PSA ?
JH : Le PSA , c’est fantastique, tu peux voyager beaucoup et tu joues contre des adversaires d’autres pays, dans des environnements différents.
SL : Et le côté négatif ? :
JH : Je pense que le pire en PSA, ce sont les dotations. Jusqu’à ce que tu arrives dans le top 50, il semble que tu arrives à peine à rentrer dans tes frais, sans parler d’arriver à gagner de l’argent. Quelquefois, les voyages sont contraignants, surtout quand tu as énormément de retard ou que tu vas dans des pays que tu n’aimes pas ! C’est très difficile, tu dois gagner à tout prix, pour justifier l’argent de ton voyage, il n’y a pas de deuxième chance !
SL : Quel fût ton parcours cette saison ?
JH : J’ai commencé la saison à la 315ème place et maintenant, je suis 173, je pense donc que la saison a été assez bonne, j’ai beaucoup appris, et j’espère que mes expériences m’aideront pour l’avenir. Un de mes objectifs était d’atteindre le top 150 donc je suis un peu court pour celui-là mais bon, je n’ai pas eu de très bons tirages ... en même temps,je n’ai pas non plus su saisir toutes les opportunités dans certains tournois. Mes plus beaux succés : quart de finale au Welsh Open et j’ai gagné le Hillegom open en Hollande, un tournoi satellite.
SL : Que fais-tu entre les matchs pendant un tournoi ?
JH : Entre les matchs, généralement, je me détends à l’hôtel ou en mangeant. Si je ne joue pas le lendemain après-midi, je vais au club et je m’entraine, soit seul soit avec un ami et après, je me relaxe. J’aime aussi écouter de la musique sur mon MP3 quand je m’échauffe.
SL : A quoi ressemble ta semaine type ?
JH : Pendant la saison,cela ressemble à cela :
Lundi : 2 entrainements organisés par mon entraineur avec d’autres joueurs (John Harford, Chris Ryder, Chris Truswell, Joel Hinds). D’habitude, à 10h30 puis déjeuner et la deuxième session à14h30. Après , je donne des leçons de 17h20 à 19h puis je rentre chez moi vers 19h30
Mardi : Une séance de musculationle matin et détente l’après-midi puis, pendant la saison, match par équipe le soir à Liverpool ou Manchester (2h de route) le soir. Après le match, je vais à Leeds chez un ami pour y rester dormir . J’y arrive vers 01h00.
Mercredi : Entrainement le matin et aussi de temps en temps l’après-midi, ça dépend de la difficulté du match prévu le soir . Je m’entraine avec John Harford, Steve Coppinger, Scott Arnold, selon qui est près de Leeds. Le soir,je joue à Leeds ou Hull (1h de route) puis je rentre à Birmingham (au moins 2h de route) vers 01h30.
Jeudi : Grasse matinée après deux journées difficiles ! Peut-être une séance de musculation ou des cours l’après-midi et le soir.
Vendredi : 2 sessions d’entrainement, une le matin, une l’après-midi avec un joueur de Birmingham , une sur le court, une à la salle de musculation.
Samedi : Une ou deux séances selon comment je me sens après la semaine. Je regarde le football l’après-midi et je sors le soir avec mes amis.
Dimanche : Jour de repos ! Un jour sans squash que je passe avec ma copine, mes amis, ma famille ...
Ce programme dépend des compétitions, je voyage souvent le mercredi ou le jeudi si je joue.
SL:Quel est le bilan de cette saison pour toi ?
JH : Je pense que cette saison a été assez bonne parce que j’ai apppris beaucoup de choses sur mon squash et ma vie sur le circuit. J’ai analysé ce qui me faisait réussir et qui au contraire me faisait jouer mal.Je dois maintenant réussir à m’en servir pour les prochains tournois. J’étais proche d’atteindre mon objectif de classement et j’ai réellement amélioré de nombreux aspects de mon jeu.

SL : Quel a été ton plus beau succés cette année ?
Je pense que c’est ma victoire en juin au Hillegom Open en Hollande. J’ai battu Rene Mijs 3-0 en demi-finale ,contre qui j’avais perdu 3-0 en janvier donc c’était très satisfaisant. Puis, en finale j’ai battu Neils Hoevenaars 3-2. J’étais aussi très heureux de me qualifier pour le tableau principal du British National Campionship en Février, j’avais perdu au dernier tour des qualifs en 2006.
SL : Et ton échec le plus cuisant ?
JH : Ma plus grosse déception, c’set lorsque je perds au premier tour d’un satellite contre des joueurs que j’ai déjà battu ou que je pense que je devrais battre, ce qui est sûrement la raison de ma défaite ! C’est arrivé trois fois cette saison.
SL : Est ce que la vie en PSA correspond à ce que tu pensais ?
JH : C’est plus dur que je ne m’y attendais , voyager, s’entrainer correctement et financer tout cela, c’est un vrai combat de tous les instants. La clé, c’set une bonne organisation et une bonne préparation, ce qui n’a pas toujours été le cas cette année d’où quelques déconvenues.
SL : Quels sont tes objectifs pour la future saison ?
JH : Mon but cette saison est de la commencer en me sentant mieux que jamais : en forme, fort et affamé ! Je veux être dans le top 100 l’année prochaine à la même période, avoir battu des joueurs du top 100. Et j’aimerais aussi gagner un titre cette saison (pas un satellite).
SL : Et comment penses tu y parvenir ?
JH : Pour y parvenir, je projette de travailler très dur pendant les prochains mois pour améliorer ma condition physique et aussi mon jeu de base. Je dois aussi améliorer mes finances pour pouvoir me préparer de façon plus professionnelle. Un sponsor serait l’idéal, mais c’est difficile à trouver .
SL : Tes objectifs à plus long terme ?
JH : J’aimerais atteindre le top 50 et à ce moment-là, je pourrai me fixer de nouveaux objectifs. Le plus important pour moi, c’est de faire tout ce que je peux pour qu’à la fin de ma carrière, je me dise que j’ai utilisé mon potentiel à son maximum.
SL : Des projets pour l’après-squash ?
JH : Je n’ai pour l’instant aucune idéee de ce que je ferai après. J’ai un diplôme et des qualifications pour entrainer donc je pense avoir pas mal de possibilités ouvertes pour moi. Avec le squash, vous ne savez jamais à l’avance quelles opportunités vont s’offrir à vous en rencontrant tellement de gens autour du monde. Je pense que j’aimerais travailler avec des jeunes et avec des joueurs de haut niveau, je pense rester impliqué dans le squash quand j’arrêterai de jouer.
Lien PSA : Profil de Jaymie

Sympa l’interview, ça fait du bien de voir l’envers du décors