On y est arrivé. Quasiment 20 ans après notre arrivée au niveau national, la timbale est décrochée et le club peut même s’enorgueillir d’une double couronne cette année puisque les filles ont eu la bonne idée de conclure joliment une saison qu’elles avaient survolée. Que dire quand on touche finalement au but fixé après une si longue attente. Le week-end fut parfait, tant sportivement qu’humainement puisque nos 3 équipes de nationales étaient descendues aux play-offs. Sur les courts, tous ont donné le maximum et Benjamin (pour lancer les rencontres puisqu’il jouait le premier match si important dans une rencontre par équipe à 4 joueurs) et Mathieu (pour conclure lorsqu’il le fallait) ont été parfaits, épatants. Cette victoire est la leur.
Comme elle est celle d’Arthur et Jaymie. Mais aussi celle d’Yves, infatigable pousseur de balles sur le court, conducteur sur tous les tournois et autres déplacements, "décortiqueur" du jeu et "père" de nous tous. Elle est enfin aussi celle des joueurs de l’équipe 2. En début de saison, il a fallu faire 2 équipes de nationale 2 avec 10 joueurs. Nous avions en tête de jouer le haut du tableau avec l’une d’entre elle mais il ne fallait pas que cela se fasse au détriment de la seconde. Alors nous avons mixé les 2 équipes et les joueurs de l’équipe 2 auraient très bien pu être avec nous et nous à leur place. Je pense ici à Bri en particulier, qui était en équipe 1 depuis 13 ans et qui a laissé sa place pour renforcer l’équipe 2. Cette victoire est aussi la sienne, pour tout ce que nous avons fait ensemble depuis si longtemps et pour la grande performance qu’ils ont réussi en se qualifiant eux aussi pour les play-offs.

- Saison 1999-2000.
- Première saison en N1. Debout : Pierrot, Romain, Marco et Yves. Accroupis : Gur, Bri et Paul.
Toute cette aventure a un début, un commencement. C’était un week-end de mai ou de juin en 1991, on quittait pour la première fois notre belle Bretagne direction Amiens, laissant derrière nous les rencontres épiques et mémorables avec Lorient et Rennes dans le championnat régional. La CX break blanche, alias « le long cigare » ou « l’ambulance » nous emportait une fois de plus loin de notre bout du monde (il faut dire que là où on est, on est un peu loin de tout) et on partait à l’assaut du championnat national. A cette époque là, le championnat de Nationale 3 se jouait sur un week-end et y participaient les équipes ayant participé aux championnats inter-régionaux. Une sorte de super play-offs des championnats régionaux actuels.

- Saison 1989-1990
- les 3 équipes du club (hommes 1 &2 et femmes). Debout : ?, ? Pieere-André Loaec, Sylvie, Bruno Hébergé, Leslie Jones, Jean-Yves Aubert, Gurval Isambard, Bernard Le Bot, Hervé Rouault. Accroupis : Violaine Delponte, Yves Moineau, ?, Bleuenn Isambard.
Je n’ai pas grand souvenir de la saison régulière, juste quelques images d’un déplacement à Vannes pour ma première apparition dans l’équipe fanion du club. J’avais 15 ans et il avait dû y avoir quelques désistements dans l’équipe car je n’ai pas souvenir d’avoir débuté la saison avec eux. A la suite du championnat régional, il y avait d’abord une phase inter-ligue sur un week-end puis le championnat de France, toujours la même année. Pour le déplacement en Picardie, nous étions 2 petits nouveaux avec Pierre-André à nous disputer la 5ème place dans l’équipe, derrière Leslie, Bruno, Jean-Yves et Jean-Luc. Yves était de la partie évidement mais n’avait enfilé le short que pour la photo, occupant déjà exclusivement le poste de pilote.

- N3 - saison 90/91
- Debout de gauche à droite : Leslie Bone (n°22), Bruno Heyberger (2B), Jean-Luc Kerandel (3B) et Pierre-André Loaec (3B). Accroupis : Yves Moineau (3C), Gurval Isambard (3C) et Jean-Yves Aubert (2B).
Je ne crois pas me souvenir que nous y avions brillé mais les championnats nationaux avaient subi une petite (première ?) réforme l’année suivante et nous avons ainsi accédé à la nationale 2 en cette fin de printemps 91. L’année suivante donc on entame notre première année en nationale 2. Les souvenirs sont assez lointains mais je me souviens être descendu à Aix pour la première fois à la fin de cette saison.
Pas pour jouer les premiers rôles ! Mais parce qu’en plus des play-offs, des "Play-down" étaient alors organisés, mêlant les derniers d’une division aux meilleurs de la division inférieure. Aix et son soleil, son club immense, sa piscine, son court vitrée, les joueurs de tennis pro s’entraînant sur la terre battue, l’hôtel renaissance en centre ville où nous sommes descendus les 2 ou 3 premières fois, les 13 heures de voiture dans la CX, les joueurs de squash du haut de tableau mondial (je me souviens y avoir croisé Jansher Khan), les déplacements en groupe puisque, déjà, l’équipe féminine du club prenait les devants et nous précédait dans les bilans sportifs annuels.
On y est retourné à Aix et à plusieurs occasions, pour quelques plays-down encore mais pour quelques plays-offs également. Nous ne sommes pas passé loin d’un titre à 2 occasions. En 2004 surtout, face à Montpellier car la première fois, face à Clermont en 1999, nous n’avions aucune chance face à une équipe beaucoup plus forte que nous et renforcée par 3 joueurs étrangers. Mais cette année là le bonheur était ailleurs, dans la perspective de monter en Nationale 1 et de découvrir les grandes équipes, dans la joie de jouer une finale de championnat de France par équipe, dans le bonheur d’être ensemble et de vivre un truc fort.
Je me souviens du plongeon collectif dans la piscine du club à la suite de la demi-finale gagnée (sur le même court où nous avons joué la finale cette année, joli clin d’oeil ...) face à Lyon je crois me souvenir. J’avais perdu face à André Holderegger, Pierre-andré s’était blessé au genou mais les autres avaient relevé le niveau ! Romain avait notamment battu Franck Carlino dans un cinquième match décisif. Et je ne me souviens plus des matchs de Bri et de Paul. Aucun souvenir de la finale par contre, comme quoi la mémoire fait un peu ce qu’elle veut. Elle avait été jouée sur le court vitré et je crois me souvenir d’applaudissements plus nourris à notre entrée sur le court lors de la remise des prix que pour les vainqueurs.
En 2004, nous avions plus de billes dans notre besace pour l’emporter. Nous avions terminé 1er de la saison régulière dans la poule nord et nous étions qualifiés pour la finale des play-offs sans trop de soucis. Mais le dimanche de la finale, Paul devait nous quitter pour aller au mariage d’un de ses meilleurs amis en Italie. Privé de notre numéro 2, nous avions tout de même livré une belle bataille mais avions échoué au cinquième match, Pierre-André n’arrivant pas à s’extirper des filets tressés par l’expérience de Cam Douglas, Joan Lezaud et Jacques Pietri prenant le meilleurs sur nos petits jeunes d’alors Jos et Ben.
Les années qui ont suivi ces finales, synonymes de montée en nationale 1, n’ont pas été les plus amusantes sur le plan sportif. Nous étions au milieu de belles armadas, nous nous déplacions pour prendre de belles photos mais savions que le résultat était connu d’avance. Seuls un match ou deux comportait une incertitude et il ne s’agissait pas de le rater ! Au risque de rater sa saison ... Durant nos 2 premières saisons en N1 (On ne s’était pas maintenu sportivement mais grâce -ou à cause ...- d’un désistement d’une autre équipe), ses matchs mémorables à enjeu avaient souvent lieu face à Lille : Pierre-André gagnant 10-9 au cinquième contre Lionel avec un public en folie derrière, Romain terrassant Anthony Rickets ... sur blessure, mes multiples rencontres avec Gilles Roger, et les 3ème mi-temps, le Flam’s et notre Paul national imbattable à la bière, Choco, les retours le dimanche avec 5 comateux dans la voiture et Yves au volant, héroïque. Ah ça nous manque c’est sûr, revenez-nous amis lillois.
A côté de ça des dizaines de week-end heureux, marquants, fatiguants et ne laissant qu’une idée en tête : y retourner. Un déplacement à Pau (oui, de Brest et en saison régulière !!!) au début des années 90, à 4 avec Yves, Jean-Yves et Jean-Luc. Il nous manquait un joueur, on a perdu nos 2 rencontres malgré quelques matchs pas ridicules du tout, on a du fait faire 30 heures de route en 2 jours, surtout que nous avions eu droit aux embouteillages le samedi matin entre Bordeaux et Pau puisque c’était le début d’une période de vacances pour eux (nous n’y avions pas fait attention), on avait hérité d’un hôtel limite à Bordeaux le vendredi soir et malgré tout ceci, cela reste comme un de mes meilleurs souvenirs.
Sûrement parce que j’étais le petit jeune avec les "grands" du club et que j’adorais passer du temps à leur contact, que les restau avec eux étaient toujours un franche partie de rigolade et que les heures de voitures n’étaient jamais mais alors jamais ennuyeuses, qu’on donnait se qu’on avait sur le court et qu’on repartait d’aussi bonne humeur.
Je garde en mémoire le premier match de Doudou dans l’équipe, ceux de Paul et Bri la même saison (1995-1996, à Créteil pour Paul où nous avions terminé la soirée dans un mariage près de la marne et dans lequel nous ne connaissions personne ... et à Nantes pour Bri), le match de Benjamin à Paris où il remet un let sur une balle de match en sa faveur pour le perdre ensuite ..., nos rencontres contre Lorient et les frères Tidman, la trouille de notre vie lorsqu’ Albert, en Septembre 96, oublie ... de nous inscrire ! (je refais le calendrier avec une équipe en plus (nous) parce que la fédé trouvait que c’était trop compliqué à faire avec le même nombre de week-ends et une équipe supplémentaire), notre petit accrochage avec la fédé (... !!!), nos (très) nombreuses soirées fort joyeuses et arrosées, éléments indispensables de l’équipe et de notre envie de repartir ensemble chaque week-end.
Et puis, dans chaque équipe il y a un serpent de mer récurent. Chez nous il se prénomme Nicolas Barbeau, qui à chaque inter-saison depuis 15 ans environ nous promet que sa seule envie est de venir jouer avec nous et qui finalement signe ailleurs. C’est pas l’envie qui nous manque de l’accueillir mais bon, l’herbe doit être plus verte ailleurs. Quoique qu’avec notre climat ... Un jour peut-être Nico, ça se fera. Pour une équipe de vétérans peut être ...Enfin toutes ses années m’auront permis de rencontrer des personnes qui ne quittent maintenant plus mes pensées quotidiennes. Paul le gallois, rencontré lors de mon séjour à Swansea et que je suis allé cherché le premier jour de mon arrivée pour renforcer pour notre petite équipe brestoise. Il m’a finalement accueilli dans son club, dans l’équipe universitaire, où j’ai passé une année merveilleuse, idyllique et houblonnée, dans son pays, dans sa maison, dans sa famille.

- Brest-Lorient - 1990
- Debout : Ronan Kervingant, Jean-Yves Aubert, Gurval Isambard, Bruno Hébergé, Leslie Jones, Jean-luc Kerandel. Accroupis : Yves Moineau, Thierry Nicole, Pierre-André Loaec, Jean-Luc ?. Allongés : Yves Laurent, Spencer Tidman. Lorient nous rejoindra l’année suivante.
Doudou rencontré sur le court n°1 du Squash club de Brest, avec qui nous avons formé un trio haut en couleurs (Casablanca !) avec Yvan (un des pionniers de l’aventure jeune du club) et qui ne devrait pas habiter si loin de chez nous avec sa petite famille ....
Fabien avec qui le premier contact n’a pas été facile mais nous n’avons pas mis une heure à remettre les choses à l’endroit, chez qui nous avons passé avec Karine nos 5 semaines de voyages de noces sous le soleil réunionnais et qui pourrait aussi songer à venir habiter près de chez nous !
Jean-Yves et Jean-Luc qui ont été les modèles du petit garçon que j’étais, les écouter étaient vraiment aussi passionnant que de jouer au squash avec ou près d’eux.
Tous les zigotos du club, Delphoche, Léa, Sarah, Solenn, Arthur, Ben, Jacques, Jos, Marco, Mat, Mick, Wil et ma douce Kacha. La vie est tellement plus facile avec eux. Et Yves. A qui je dois tout sportivement mais aussi beaucoup plus. Avec Marie-Pierre, ils sont mon cocon. Merci à eux.
Enfin, il y a mon petit frère, frérot, frangin. Passer toutes ses années à côté de lui à partager notre passion commune est un vrai bonheur. C’est un super joueur de squash, mais plus encore un vrai gentleman et un frère irremplaçable.
C’est fini pour la séquence émotion, c’est d’ailleurs fini tout court (enfin pour ma séquence "je raconte ma vie"). Aujourd’hui ce n’est pas la fin de quoi que ce soit, juste une petite pause pour regarder le chemin parcouru, profiter de tous les bons moments et de ces rencontres magiques.
A bientôt sur un court ou autour d’un verre.
Gurval








ICI............ C’EST BREST !!!!!!!!!!!!!!!!! (les brestois comprendront :)) Merci pour ces 15 années de bonheur
Bravo les champions, bravo les championnes.
Marco le quimpérois
Chapeau bas !
Que d’histoires pour ce club mythique qui n’a pas fini de faire parler de lui quand on voit la qualité des jeunes qu’il y a encore derrière ! je tiens à adresser mes félicitations pour ce titre à Yves et tous les joueurs ( des 3 équipes )
c’est clair, votre équipe n’a jamais été aussi forte qu’aujourd’hui...
A très bientôt.
Pour moi, il ne s’agit pas d’un mythe. Mais bien la réalité, la vie avec tous ses aléas, ses moments de partage. Chaque personne aura apporté sa petite pierre. Yves est évidemment le lien entre toutes. Je n’ai pas tout à fait la même approche, car je ne suis pas un pur produit du club, même s’il reste pour moi une attache indescriptible qui est tout simplement du domaine de l’affectif (c’est ma ville, du moins celle où je suis né, celle où j’ai vécu des moments extras, le squash en fait partie).
Je garde beaucoup de plaisir en tête, un peu de frustration de m’être arrêté aussi prêt du titre par équipe qui nous a tendu les bras 2 fois (nous n’étions pas si loin de Clermont-Ferrand même en perdant 4 à 1 sachant que Romain n’avait perdu que 3/2 contre un Anglais qui n’était finalement pas si inaccessible et Briag, quelque peu diminué comme Romain, n’avait pas pu battre le réel numéro 1 de Clermont en n°4 ; puis Montpellier non plus et c’était en 2002, mais cela ne change pas grand chose), mais c’est comme ça, c’est le sport... Ce que je peux constater, c’est que les "jeunes" qui ne le sont plus ont gagné en maturité et sont allés chercher cette victoire, ces victoires. Et maintenant, il faut poursuivre le travail, prendre la relève pour aider le club de Brest à continuer à avancer !
Un petit mot sur 2002, et la défaite contre Montpellier. On passe tout près, avec la défaite de Joss (Favennec) en 5 jeux contre un jeune qui montait (Joan Lezaud), et celle de Ben (Rosec) sur Jacques Pietri (aujourd’hui brestois) ! Comme quoi on n’est pas rancunier :)
Sinon, des moments de plaisir, il y en a eu tellement ! Comment ne pas citer les équipes de nantes, de cal ou de lille, et tous ces moments passés avec les potes à Bron, Aix, La rochelle...
super article. bravo yves pour tous les joueurs que tu as forme et a tout ce que tu fais pour le squash.ce sera un plaisir de revenir faire un tournoi a brest. le gaulois de coutances
waouh !! petite pièce de cette histoire, mais vrai grand plaisir et souvenir d’un non breton ! Bruno.heyberger
et ce club va se voir refuser la CCA ?
Exact !!! Brest n’aura pas sa Convention cette année et est donc privé de toute manifestation chez lui !!
Nous n’en savons rien, nous attendons comme de nombreux clubs/assos le résultat de la réunion d’aujourd’hui.