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Côté olympisme au moins c’est clair

La nouvelle est tombée au cours de ce mois d’août après des années d’attente réelle ou supposée : le squash ne sera pas olympique . Ca a le mérite de la clarté , et après plus d’une douzaine d’années à courir après les subventions fantasmées des cinq anneaux , les déclarations bien apprises des joueurs du haut-niveau qui racontaient leurs rêves olympistes censés voler beaucoup plus haut que l’argent du circuit , il va falloir se faire une raison : nous ne participerons pas à la grande gabegie .

Forcément , de nombreux pratiquants pour lesquels les JO sont le sommet de l’excellence vont pleurer et éprouver un sentiment d’injustice , mais en analysant sans pleurnicher la situation actuelle ils pourront trouver matière à se consoler.

Tout d’abord en ne se déroulant que tous les quatre ans le tournoi olympique qu’il soit de squash ou de n’importe quoi passe bien souvent à côté de champions de grande valeur dont le pic de forme s’est placé entre les deux éditions . D’autre part la nécessité de quotas engendrés par l’universalisme supposé des pratiques amène dans les faits à constituer des tableaux inférieurs à ceux des championnats du monde . Concrètement le titre olympique en tennis n’arrive que très loin derrière un titre du grand chelem , le mondial de football est sans commune mesure avec le tournoi olympique , le titre du vélo sur route est une franche rigolade par rapport à une victoire dans le Tour de France .

Tous les sports , du plus marginal au plus médiatisé , sont amenés actuellement à trouver leurs propres sources de financement et à renouveler leur approche vis-à-vis des pratiquants . Le pratiquant est de plus en plus considéré comme un consommateur à cibler précisément et dont il convient de prendre en compte les habitudes de pratique pour mieux le séduire et , autant que faire ce peut , le garder .

Vouloir à tout prix rejoindre l’olympisme et son approche très encadrée voire étriquée des pratiques sportives est vraisemblablement le signe d’un conformisme rétrograde et sans avenir . Pour autant , il faut reconnaître que c’est tout le système qui tourne en boucle autour de l’Olympisme et que se positionner en dehors de son orbite n’est pas forcément confortable .

Ne pas être olympique c’est obligatoirement mieux communiquer sur le championnat du monde , sur le championnat de France , sur l’Europe , c’est participer à la consolidation du circuit professionnel mondial en recherchant d’autres partenaires que les habituels partenaires institutionnels ( qui seraient il est vrai plus généreux dans le cadre de l’Olympisme ) , et c’est , à l’intérieur des frontières françaises , arrêter d’assimiler le développement du squash au développement de l’appareil fédéral qui , c’est un fait , aurait beaucoup gagné à la reconnaissance olympique : dans cette optique il faut s’attendre à certaines difficultés financières dues au désengagement de l’Etat .

Mais les regrets ne servent à rien et l’aspect positif de cette prise de décision c’est que dorénavant on pourra juger les élus et les membres de l’appareil fédéral sur leur action et leurs résultats véritables plutôt que sur leur capacité à psalmodier de vaines prières aux dieux de l’Olympe suisse .

Vue sous cet angle , la décision de ce mois d’août 2009 est certainement l’occasion de mettre à plat l’organisation du squash dans son ensemble , aussi bien en France que dans le monde où la présence excessive des anglo-s axons ( et leur conservatisme indécrottable ) est un frein à des réformes nécessaires et a été , très certainement , une des causes principales de l’échec à se faire accepter par le mouvement olympique .

Toutefois plaie d’argent n’est pas mortelle et puisque l’intégration olympique n’était finalement qu’une affaire de gros sous , nul doute que le squash français s’en sortira même s’il faut pour cela reformater le système fédéral . La crainte que l’on peut avoir c’est que les finances fédérales toujours légèrement tendues n’entraînent à nouveau une obsession sur les rentrées de licences et le rejet de certains clubs , alors que le bon sens voudrait que , dans l’adversité , toute la famille du squash se serre les coudes .

Yves Moineau

Commentaires

1 Message

  1. 1. Côté olympisme au moins c’est clair

    Voilà un article plein de justesse !

    par anthony | 1er septembre 2009, 23:12

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