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Chronique de printemps

Je ne sais pas pour vous mais moi je suis bien content de voir arriver le printemps. L’hiver qui s’achève restera dans les mémoires des joueurs avec la réélection du président Fontaine qui s’appuyait sur deux arguments imparables pour précipiter le processus électoral : il fallait se dépêcher pour être bien placé à la pêche aux DTN, et il y avait urgence pour être en mesure de mettre sur pied avec efficacité l’Open de France 2009. Grâce à cette précipitation destinée à couper l’herbe sous le pied à une éventuelle opposition et grâce également à quelques retournements de veste façon torrero le changement a pu s’opérer dans la continuité.

Côté DTN le président Fontaine a été séduit par un homme à deux ans de la retraite qui n’ira sans doute pas déterrer de vieilles histoires, contrairement à son prédécesseur, et certainement pas bouleverser le train-train quotidien. Le côté amusant de l’histoire c’est qu’il y a comme une ressemblance entre les deux personnages les plus importants de la FFSquash, même façon de s’habiller, même barbe à l’italienne, peut-être une légère différence de silhouette. Tout ça respire l’harmonie et le consensus.

Pourtant, les lecteurs qui ont eu la curiosité de lire l’article du Provençal qui présentait monsieur Lagrange ont appris que l’heure est grave, que les marges de manoeuvre sont étroites et que la reconduction de l’Open de France est très improbable et qu’il nous faut les JO pour qu’on passe à la télé... C’est à se demander si ça valait le coup de se précipiter pour les élections. Et c’est à se demander si l’organisation de l’Open de France l’année dernière n’était pas, finalement, une simple opération de séduction destinée à faire réélire les sortants.

Pas de question cependant du côté du DTN en provenance des sports mécaniques qui correspond au profil voulu par monsieur Fontaine qui avait annoncé dans l’Equipe qu’il recherchait un spécialiste de la F1 pour s’occuper de Gregory Gauthier. Il n’y en avait qu’un sur le marché et c’est nous qui l’avons eu.

Au vu des résultats récents du Super Series c’est visiblement une combinaison gagnante car la mécanique Gauthier est relancée. Car ce début d’année est une pleine réussite pour un Gregory Gauthier en pleine confiance, abandonnant ses vieux démons , et capable de battre n’importe qui pour peu qu’il en ait l’envie. Avec la fraîcheur d’un Thierry Lincou plus jeune que jamais la France peut caresser l’espoir d’un titre européen en Suède ce printemps.

Quant aux filles, si Isabelle Stoehr retrouve sa belle forme de la fin d’année dernière, et si Camille Serme confirme ce beau début d’année, elles peuvent largement monter sur le podium. Le comportement des meilleurs Français est donc rassurant pour le haut-niveau même si on peut remarquer que la génération suivante est un peu à la peine et en manque de résultats. On observe pourtant la création de nouveaux tournois plus richement dotés que par le passé, assez rares cependant sur le sol français, et il est à souhaiter que la crise économique actuelle n’enraye pas cette embellie.

C’est d’argent qu’ont besoin les joueurs et joueuses qui veulent consacrer leur temps au squash de compétition et c’est du circuit mondial que viendra cet argent, et non pas d’un tournoi olympique tous les quatre ans. Quant à la médiatisation du jeu, c’est une question complexe, qui n’a pas forcément été bien appréhendée par les diverses fédérations en mal de reconnaissance et qui, périodiquement, modifient leurs règles pour attirer les caméras, et ceci sans le moindre résultat. Prétendre que les sports olympiques sont plus médiatisés est une affirmation qui ne repose sur rien, il suffit de parcourir les chaînes de télévision, généralistes ou thématiques, pour s’en rendre compte. S’est-on d’ailleurs donné la peine de demander très précisément aux responsables des chaînes leurs critères de choix dans la diffusion d’un quelconque sujet ?

Si l’on prend l’exemple du tennis sur surface rapide, LE sport de raquette ultra-diffusé, il faut savoir que sur une heure de jeu la balle n’est en mouvement qu’aux alentours de trois minutes *, ce qui donne tout le temps de passer de la pub, des ralentis, de zoomer sur les pipoles avachis dans les tribunes, bref de réaliser une émission de télévision et non pas seulement un reportage sportif. Oublier le mode de fonctionnement des télévisions c’est forcément se tromper de solutions ( à supposer qu’il y en ait).

Il n’existe à l’heure actuelle aucun tournoi majeur en France susceptible de faire l’objet d’une couverture médiatique d’envergure. Si l’Open de France était reconduit , et pas forcément à Paris, on aurait là une occasion de faire exister le squash aux yeux des médias. Mais pour ce faire il faudrait être capable de trouver des parrainages privés et non pas dépendre constamment de l’argent public. La solution n’est pas simple mais il n’y a rien de pire que de communiquer sur une manifestation à éclipses : que vont penser les spectateurs enthousiastes de l’édition 2008 de l’Open de France ?

Un critère important de "visibilité" d’un tournoi est son âge. Dans cette optique il est regrettable de ne penser qu’en termes de gigantisme sans lendemain. La solution est peut-être à chercher dans l’attribution d’une licence d’exploitation sur trois ans (le cas des Pays-Bas) pour qu’un club ambitieux et actif puisse travailler dans le moyen terme et associer parrainage privé et public. Dans un passé pas si lointain le Club de l’Hermine à Rennes a réalisé des prouesses en terme de promotion et d’organisation et aurait été sans aucun doute capable de pérenniser un tournoi majeur sur trois ans. Ajoutons au passage qu’un court vitré n’est pas une nécessité, du moins dans la période de lancement, alors que son montage alourdit considérablement le cahier des charges.

Il est un peu tard pour l’organisation d’un tournoi cette année mais souhaitons qu’une solution soit étudiée pour une édition 2010 susceptible de faire des petits. La licence d’exploitation permettrait au moins à la FFSquash de faire rentrer un peu d’argent au lieu de se ruiner. Mais pour l’heure savourons le printemps et souhaitons que les résultats se maintiennent, que les championnats d’Europe aussi bien dans les catégories seniors que chez les jeunes confirment la bonne santé du haut-niveau français et puis pendant qu’on y est, que les femmes retrouvent le chemin des parquets. Parce que sans les femmes, les tournois , c’est quand même moins bien.

Yves Moineau

*en squash la balle est en mouvement environ quarante minutes sur une heure

Commentaires

12 Messages de forum

  1. 1. Chronique de printemps

    " Ajoutons au passage qu’un court vitré n’est pas une nécessité, du moins dans la période de lancement, alors que son montage alourdit considérablement le cahier des charges"

    - > Selon moi un court vitré est INDISPENSABLE oui pour diffuser notre sport, clé de voûte selon moi d’une visibilité par les medias (et un cercle vertueux par la suite avec la visibilité pour les sponsors) pour les internationaux de France comme pour les Championnats de France 1eres séries inchangés mise à part leur niveau, depuis 15 ans (dixit notamment un joueur de l’équipe de France), ce n’est pas forcément là un article débattant de la présence d’un court vitré ou non mais quand je vois le week end derniers les championnats du..Danemark, court vitré, comme dans plein d’autres pays moins importants niveau squash sur le plan international que la France..enfin

    Pour le reste, je crois que la nouvelle commission sportive avance bien avec Hubert D’Auzac à sa tête et ceux qui y concourrent..Briag notamment ;-) salut à toi hehe

    Attendons de voir pour le reste, alors effectivement que le désengagement de l’Etat s’est prononcé...comme évoqué notamment par les joueurs lors de la réunion des championnats de France, il serait utile et urgent de déléguer quelqu’un à la fédération s’attelant exclusivement à démarcher les partenaires privés ! Même si naturellement tout ne se résoud pas par l’argent..on peut avoir beaucoup d’argent et être très con ! haha

    Peace out ! :-)

    par johan | 20 mars 2009, 10:30
  2. 2. Chronique de printemps

    En ce qui concerne les femmes, prenons exemple sur le club de Rezé : 10 licenciées compétition ( sans compter les squash pass ) , 2 équipes en régionale, organisation d’un open femmes à succès ( voir sitesquash ) et surtout une formidable ambiance ou on arrive tout naturellement à la compétition ( sans se prendre la tête ).... Pas mal pour un club avec seulement 2 salles !...

    | 20 mars 2009, 10:40
  3. 3. Chronique de printemps

    Mr Moineau parle de la désaffection du squash féminin de compétition en général ce qui est un fait incontestable.

    En ce qui concerne le club de Rezé à Nantes, effectivement il y a une belle dynamique notamment au niveau du squash féminin mais attention elle repose quasi exclusivement sur les épaules d’une seule personne : Serge Viaud, pour ne pas le nommer. Ses efforts pour développer le sportif dans le club de Rezé a fait ses preuves. Maintenant cette personne est bénévole et passe ses journées au club pour développer le côté compétition de notre sport et prêcher la bonne parole de la fédération...c’est tout à son honneur et bravo.

    Par contre de là a prendre le club de Rezé comme un exemple c’est une aberration ! Essayez de trouver une personne dispo dans d’autres clubs, bénévole et qui n’a pas besoin de travailler pour vivre, à quasi-temps plein pour développer le squash féminin dans un club... vous n’en trouverez pas deux en France, malheureusement.

    | 20 mars 2009, 13:30
  4. 4. Chronique de printemps

    Le court vitré, c’est effectivement un outils de grande qualité pour mettre en avant notre sport. Par contre, les coûts induits par la mise en place d’un tel court (20k€ à 25k€ au bas mot pour la location, le transport, , la location des chariots élévateurs, du transpalette, ...), sans compter la location de la salle, et l’énergie nécessaire pour le montage/démontage [5J quand même, avec 2 pros qui arrivent avec le court et des 10 bénévoles) ne sont-ils pas rédhibitoires pour proposer cela à chaque fois, de plus en plus souvent ? La question mérite d’être posée !

    Les sommes dépensées ne seraient pas plus judicieuse en terme de price money ? Ne croyez-vous pas qu’un plateau énorme avec tout le TOP 10 n’apportera pas plus de média que le fait d’avoir un court vitré ? Par contre, sans court vitré, combien de club peuvent faire le plein en terme de spectateur ...

    par Patrick N. | 20 mars 2009, 14:02
  5. 5. Chronique de printemps

    Patrick a peu près 98% des clubsen France feraient le plein avec un tableau reunnissant les meilleurs mondiaux. Le problème est de savoir combien de spectateurs peuvent être accueillit dans de bonnes conditions

    | 20 mars 2009, 14:13
  6. 6. Chronique de printemps

    Même si la désaffection du squash féminin a de multiples raisons, il est un peu fort de qualifier l’exemple de Rezé d’aberration. Pour trouver la solution à un problème, tous les exemples sont bons à prendre.... Et si quelques pros à l’accueil dans leur club s’inspiraient de ce bénévole.... Pourquoi pas ?

    | 20 mars 2009, 15:35
  7. 7. Chronique de printemps

    je n’ai pas dit qu’il s’agissait d’une aberration !! Ce que je dis c’est qu’attendre qu’un bénévole fasse le même travail dans d’autres clubs pour relancer le squash féminin de compétition est illusoire. Que des pros s’en inspirent pourquoi pas mais prétendre que c’est simple et que ce peut ou doit etre un modele de developpement est FAUX. Tout ce qui ne repose pas sur un modèle économique est très très fragile

    | 20 mars 2009, 16:28
  8. 8. Chronique de printemps

    Qui a dit que la solution était simple, personne ! par contre vous, vous parlez d’un exemple aberrant !

    | 20 mars 2009, 16:58
  9. 9. Chronique de printemps

    Non je dis tout simplement que l’exemple de Rezé n’est pas reproductible ailleurs !!! C’est tout. Penser l’inverse est abbérrant, oui.

    | 20 mars 2009, 17:19
  10. 10. Chronique de printemps : en réponse à Johan Bouquet ?

    Ce que veux dire lorsque je parle d’un court vitré, c’est qu’à force de mettre la barre des exigences de plus en plus haut, personne ne peut plus la franchir.

    D’autre part , effectivement, utiliser plus d’argent pour le prize-money permet d’élever la qualité du tournoi.

    Trop souvent le court-vitré met en évidence le vide des gradins autour , les images de l’Open de France 2008 où tout le monde préfère suivre le match à l’arrière est tout-à-fait significatif. Remplir totalement le gradin du club de Castanet à Toulouse (par exemple), ou celui de l’Hermine à Rennes, de spectateurs serrés et enthousiastes me semble bien suffisant dans une première approche. Le problème vient plutôt de la notion de "prestige" que certains veulent voir accoler au nom d’un tournoi national majeur, obsession qui amène, dans les faits, à ne pas être capable de reconduire ledit tournoi majeur.

    Concrètement , à mes yeux ,c’est la pérennité du tournoi qui doit être prioritaire, quitte à être plus modeste dans sa période de lancement. Mais le Guy Laroche pèse lourdement dans l’imaginaire des gens qui ont connu cette époque bénie (mais disparue) et la folie des grandeurs qui en découle n’est pas forcément très adaptée à notre présent moins flamboyant.

    par Yves Moineau | 23 mars 2009, 11:10
  11. par Patrick N. | 23 mars 2009, 11:23
  12. 12. Chronique de printemps

    A la lecture de cet article, la question de l’Open de France 2009 est posée. Mais monsieur Fontaine a annoncé lors de l’élection fin 2008 que le monde du squash, via la fédération européenne lui avait confié la dernière étape avant l’attribution ou non des JO, à savoir l’Open de France.

    La fédération peut-elle donner l’avancement du projet ? Je n’ose penser que cet Open 2009 n’aura pas lieu. Si c’est le cas, peut-on avoir des éclaircissements ?

    par Un licencié sceptique | 31 mars 2009, 21:55

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