Appréciez toujours ce que vous faîtes.
"Je voulais toujours tout gagner, et si je perdais, je trouvais cela très difficile de m’en contenter, je voulais y retourner, m’entrainer pour continuer à progresser, trouver comment battre cet adversaire.
Il m’a fallu un moment pour apprendre qu’il fallait aussi apprécier tout le chemin : le jeu, l’entrainement, les victoires et les défaites.
Je me souviens avoir perdu en finale du british Open en 1997 contre Jansher Khan en 2h07. J’étais épuisé, beaucoup de décisions d’arbitrages étaient litigieuses et Jansher m’empêchait de jouer, il me bloquait et me causait toutes sortes de problèmes.
Cependant, une minutre après être sorti du court, ça allait. J’avais fait de mon mieux, donné tout ce que je pouvais et j’étais heureux de cela.
Quand j’étais plus jeune, perdre était terrible. Ca ne l’est pas, ça fait partie du jeu. Il faut apprécier le voyage, que l’on gagne ou perde."
Occuppez vous bien de vous.
" Faîtes ce qui est bon pour vous à l’instant t ,ne suivez pas bêtement des programmes stricts.
Il y a à peu près 4 ans, je traversais une mauvaise période, j’essayais de ne pas juste être un joueur de squash mais aussi d’avoir une vie en dehors. J’essayais de découvrir qui j’étais vraiment.
Je suis allé à un tournoi à New-York, je voulais jouer au squash, mais surtout, je voulais m’amuser. Je sortais jusqu’à 5h du matin tous les jours pour m’éclater. Je me réveillais vers 14h, tapais un peu la balle, me réhydratais, mangeais et je me recouchais.
Je me levais vers 18h, enfilais ma tenue de squash et je partais jouer. Dès la fin de mon match, je repartais faire la fête.
C’est le seul tournoi où j’ai gagné tous mes matchs 3/0.
Bien sûr, je n’aurais pas pû continuer comme ça. Mais j’étais tellement heureux et détendu que j’étais capable de sortir, m’amuser et jouer sans pression. 5 matchs d’affilée sans perdre un jeu, c’est le meilleur tournoi que j’ai jamais joué."
Regardez toujours votre adversaire dans les yeux.
" Vous ne devez pas le faire de façon aggressive ou hostile, il faut juste regarder ce qui se passe dans ses yeux.
En 1996, au World Open au Pakistan, Ahmed Barada me malmenait sévèrement.Je me souviens avoir pensé qu’il fallait que je trouve une issue.
Je savais une chose, à cause de sa façon de jouer, il énervait beaucoup de gens et les autres joueurs ne l’aimaient pas. Il était assez solitaire.
Alors, après chaque point, je m’arrêtais et le regardais dans les yeux. Je le fixais un moment et regardais l’effet que ça avait.
Après 5 ou 6 fois, il s’est arrêté et m’a dit "Quoi ? Quoi ? Qu’est ce que tu regardes comme ça ?"
J’ai su à l’instant que je l’avais atteint. Ca parait cruel maintenant, mais c’est ça le sport, une bataille.
Il faisait des choses pas très correctes pour gagner des matchs. Une fois, au Caïre, il m’a fait un croche-pieds sans être sanctionné. C’est en le regardant, en lui montrant qui j’étais et en voyant ce qu’il avait à m’opposer que j’ai pu le battre. Il a pris sa retraite peu après ce match."
"Ecoutez tout le monde"
"J’écoutais même les joueurs loisirs du club. Parce qu’ils voyaient les choses de façon simple et basique,ils étaient quelquefois capable de remarquer certaines choses que les entraineurs ne voyaient pas.
Quelquefois, des joueurs sont venus me voir et m’ont dit des choses comme "Pourquoi fais-tu ce truc avec ton pieds arrière quand tu vas dans le coin avant gauche du court ? et je répondais "Je fais quoi ?"
Je regardais alors la vidéo et réalisais "ah, ça veut dire que je ne me déplace pas si bien que ça de ce côté là."
Une conversation toute simple avec un joueur de mon club m’avais permis d’identifier quelquechose que j’avais fait toute ma carrière , de le modifier et donc de progresser.
Bien sûr, il ne faut pas prendre tout ce qu’on vous dit en considération mais vous connaître suffisamment pour faire le tri et prendre ce qui est bon pour vous."
"Sachez comment et pourquoi vous vous préparez"
" Si toute votre préparation s’est passée parfaitement, c’est super. Mais la plupart du temps, ça ne se passe pas comme ça.
Vous devez vous préparer en fonction de votre état d’esprit.Quand j’ai joué les Super Series, j’étais très fatigué, je jouais mal et avais perdu au premier tour de mes deux derniers tournois.
Alors, qu’ai je fait : m’entrainer, m’étirer ou juste me détendre, dormir et arriver 5 minutes avant mon match, attraper ma raquette et entrer sur le court ?
J’ai choisi la deuxième solution car , physiquement, moralement et émotionnellement, je n’aurais pas été capable de faire la première.
J’ai compris où j’en étais, ce dont j’étais capable et ce dont j’avais besoin. Et cela a marché, j’ai gagné le tournoi."
Excellez dans l’adversité.
"Vous allez toujours devoir faire face à des problèmes.Je crois que je n’ai joué qu’une poignée de matchs en étant vraiment prêt à 100% pour donner mon maximum.
Vous devez comprendre ces problèmes pour arriver à les dépasser. Au Caïre, pour la finale deu World Open, il y avait 5000 égyptiens supportant Ahmed Barada et 5 supporteurs pour moi.
Que devais-je faire, essayer de ne pas y faire attention ? Cela n’aurait pas marcher et m’aurait perturbé pendant le match.
Ce que j’ai fait, c’est accepter cette réalité et m’en servir à mon avantage.
Sur-entrainez vous.
"Tous les docteurs, kinés ou experts du sport vous hurleraient de ne jamais faire ça, mais pour moi, c’est extrêmement important.
Si vous ne le faîtes pas, vous ne connaitrez jamais vos limites.
En 1995, avant le World Open à Barcelone, je n’ai rien mangé pendant 5 jours à cause d’un empoisonnement alimentaire. Je pouvais juste absorber de l’eau sucrée.
Les gens me diront, tu n’aurais pas dû jouer. Mais je suis allé jusqu’en demi-finale avant de m’écrouler après une heure de jeu contre Peter Marshall à un partout.
J’ai été malade pendant 6 mois après cela. Bien sûr, ce n’est pas bien, mais c’est un exemple de comment repousser ses limites.
Dépassez les limites dont vous avez conscience et ensuite, continuez à pousser."
Soyez totalement honnête
"C’est la chose la plus importante pour un athlète.Si vous n’êtes pas honnête, tout le reste s’écroule : l’entrainement, les matchs, la préparation.
Dans l’entrainement, c’est savoir à tout moment exactement ce qui se passe et d’être votre plus dur critique sur ce qui va bien ou mal.
Si vous ne faîtes pas ça, cela reviendra vous hanter, même si ce n’est qu’un point sur un millier, cela pourrait être la balle de match de la finale du World Open... mais cela reviendra."
Soyez vous-même
" Si vous pouvez rester fidèle à ce que vous êtes, vous accomplirez tout ce que vous déciderez d’accomplir.Mais si vous ne l’êtes pas et que vous mentez, vous vous rendrez la tâche compliquée.
J’ai remarqué que si j’essayais d’être quelqu’un d’autre, par exemple agressif ou flamboyant, cela ne marchait pas.
Je me souviens avoir joué contre Rodney Eyles, un Australien qui était un vrai guerrier.
Il voulait aller à l’affrontement, il venait me voir,me disait des choses. En réponse, je ne faisais que le regarder.
Nous avons joué 3 matchs d’affilée. Il a gagné le premier, mais seulement parcequ’il a pris une pause à laquelle il n’avait pas droit dans le cinquième jeu.
Cela m’a énervé car j’avais l’impression qu’il m’avait volé ma victoire. J’ai gagné le deuxième 3-2 mais c’était très difficile.
S’il gagnait le dernier, il devenait numéro1 mondial. Il était très en avance dans le match quand soudain, il fût saisi de crampes, il ne pouvait plus retirer sa raquette de sa main.
Il étai lui, j’étais moi et nous nous respections donc quand il m’a regardé et demandé de l’aider à retirer sa raquette, plutôt que de me cacher dans un coin, je l’ai fait."
Finissez toujours
Si vous commencez à faire moins, c’est le début du déclin . Si vous ne finissez pas une session, vous pouvez aussi bien prendre votre retraite car vous êtes fini.
Il y aura toujours des excuses : blessures, fatigues, vous avez fait quelquechose d’épuisant la veille... peu importe. Ca ne rentre pas en ligne de compte.
Je ne me suis jamais trouvé d’excuses et je ne m’attends pas à en entendre des gans avec qui je travaille.
Vous devez toujours finir votre match ou votre compétition, surtout si vous êtes blessé ou malade ou que vous perdez séchement.
J’ai vu tellement de joueurs abandonner. Ils savaient qu’ils ne gagneraient pas alors, ils s’inventaient une blessure ou une maladie.
Par respect pour vous-même plus que pour autre chose, vous devez finir ce que vous avez entrepris.
Serrez la main de votre adversaire en le regardant dans les yeux. Finissez le match quelles que soient les circonstances."
Traduit par Violaine Delponte

Merci violaine .
Oui, merci Violaine, pour ce très bel article à l’image de cet immense champion qu’a été Peter Nicol. On retrouve très bien des valeurs que l’on pouvait imaginer en le voyant jouer : travail, respect, honneteté...
Pour l’épisode Darwish, je me souciens très bien avoir vu sur cassette vidéo ce moment où Darwish vient balayer Nicol à l’avant droit du court, c’était véritablement intentionnel, et inadmissible !
C’était Ahmed Barada pas Darwish, faut suivre les gars !
Bon pour la peine je vous file un scoop : le voici reconverti dans la chanson :
Voilà comme j’aime Squashlibre, avec des nouvelles, des surprises (Ahmed Barada crooner !!) et en plus d’après les dires d’Anthony Hill "Hilly", ça marche fort pour lui dans cette nouvelle voie .....ou voix !!
Pour info le boss sera à LILLE samedi pour une démo avec GREG...
Renseignement sur http://wam.extraclub.fr/page.php
@+
Non faux il s’agit de Peter Nicol et de Gaultier en fait.
Faux, il s’agira du champion du monde 2001 contre le vice-champion du monde 2006... :-)